Le Grand Prix de Singapour vu par les pilotes de F1

Le circuit de Marina Bay, à Singapour ©Lotus F1 Team /Glenn Dunbar/LAT Photographic.

Le circuit de Marina Bay, à Singapour ©Lotus F1 Team /Glenn Dunbar/LAT Photographic.

Les essais libres pour le Grand Prix de F1 qui devrait avoir lieu ce dimanche à Singapour débutent aujourd’hui. Avant d’entrer en piste, les pilotes automobiles ont fait quelques déclarations au sujet de cette course devenue mythique qui a accueilli l’an dernier environ 85.000 personnes le jour J.

 

« C’est une course fantastique et j’adore visiter Singapour : la ville est incroyable et les habitants très amicaux », a expliqué Felipe Massa, le pilote de Formule 1 brésilien.

Le Grand Prix de Singapour est en effet un temps-fort de la saison attendu par les différentes écuries. C’est aussi l’une des courses les plus populaires de la saison.

Pour l’Espagnol Fernando Alonso, « Singapour est un endroit incroyable pour une course, vraiment unique sur tous les plans, et c’est un privilège de prendre part à un tel spectacle de nuit en tant que pilote. C’est un Grand Prix que beaucoup de gens attendent avec impatience et je suis vraiment excité d’y retourner. »

La course se déroule d’abord en plein cœur de la ville, autour des lieux symboliques de la Cité-Etat tels que le Padang, le théâtre Victoria, la Cathédrale St Andrew, la grande roue du Singapore Flyer, l’Esplanade… En face du Marina Bay Sands. « Je peux me rendre à pied de l’hôtel au circuit et c’est plutôt pratique, a déclaré le pilote finlandais Valtteri Bottas. Pour les fans, rien de mieux : on peut voir la ville et la course cohabiter. »

Le Grand Prix de F1 « Singapore Airlines » a pour principale particularité d’avoir lieu la nuit. Environ 1.600 projecteurs éclairent la piste, ce serait quatre fois plus lumineux qu’un stade lors d’un match de football. Les pilotes prennent la ligne de départ à 20 heures, lorsque la moiteur tropicale se fait moins pesante.

 

Une épreuve physique

« La chaleur et l’humidité rendent la course difficile pour les pilotes et les mécanos dans les garages », a souligné Fernando Alonso, déjà double vainqueur de ce Grand Prix.

« Il y fait chaud! Et très humide! », a déclaré le pilote Daniel Ricciardo. « Je pense que c’est à cause de ces grands immeubles en centre-ville : la chaleur n’a nulle part où aller. C’est le défi le plus physique de l’année. C’est la seule course de la saison où on ouvre sa visière pour faire rentrer de l’air frais et où on le regrette immédiatement parce qu’il fait plus chaud dehors », a expliqué le coureur automobile australien. Avant d’ajouter, « dès le tour de chauffe, la bouteille d’eau fraîche a la température d’une tasse de thé. C’est un endroit dur pour une course, mais j’adore ce défi. Je pense que c’est le cas de la plupart des pilotes. »

Le circuit de Marina Bay est l’un des plus exigeants, avec ses 23 virages sur un tracé de 5 kilomètres, et l’un des plus longs avec 61 tours de piste à réaliser.

« Le tracé est vraiment impressionnant avec des portions techniques et des virages classiques pour un circuit urbain, à 90 degrés », a commenté le pilote français Romain Grosjean. « Il y a quelques lignes droites, mais nous n’avons pas le temps de nous ennuyer, virage après virage », a-t-il précisé.

La concentration est la clé. « Vous devez rester 100% concentré pendant deux heures entières, ce qui est plus difficile qu’il n’y paraît avec cette humidité de dingue !», a affirmé Lewis Hamilton. « La moindre petite erreur et vous êtes dans les barrières », a confié le vainqueur du Grand Prix l’année dernière.

 

Des horaires décalés

La préparation physique des pilotes est essentielle. « Les éléments clés sont le sommeil et l’hydratation », a estimé Romain Grosjean. « C’est une course où nous courrons à des horaires inhabituels. Une fois qu’on s’est habitué à se réveiller l’après-midi et à se coucher au petit matin, cela devient la routine », a déclaré le pilote français avant d’ajouter « j’espère que les rideaux de l’hôtel coupent bien la lumière! Sinon, ce n’est pas rare que je scotche des sacs poubelle noirs sur les fenêtres pour maintenir l’obscurité et me garantir de dormir! »

  

Un Grand Prix brumeux

Nocturne et urbain, le Grand Prix de Singapour pourrait aussi avoir à composer avec un épais nuage de pollution qui étouffe Singapour depuis plusieurs jours.

En 2014, ce même voile brumeux avait déjà contrarié légèrement le Grand Prix de F1 avec un indice PSI (Pollutant Standard Index) mesurant la qualité de l’air au cours des trois dernières heures qui était à 129 à l’heure même de la course.

Les organisateurs n’ont à ce jour pas prévu d’annuler l’événement mais continuent à « travailler en étroite collaboration avec toutes les autorités gouvernementales compétentes pour recevoir les meilleures prévisions possibles », ont-ils annoncé dans un communiqué publié cette semaine.

Pour cette 8ème édition, des masques de protection N95 seront en vente « à prix coûtant » à l’intérieur du circuit et les 24 postes de secours et médicaux ont été sensibilisés « pour gérer toutes les conditions liées à la situation ».