Amélie Recroix est la fondatrice de French Studio et Spanish Studio, deux écoles de langues installées à East Coast.

Amélie Recroix est la fondatrice de French Studio et Spanish Studio, deux écoles de langues installées à East Coast. ©Amélie Recroix

 

Elle n’était venue que pour 6 mois à Singapour, elle y réside désormais depuis 6 ans. Elle voulait profiter de son séjour dans la Cité-Etat pour apprendre l’anglais, elle a finalement ouvert sa propre école de langues à East Coast.

En 2009, Amélie Recroix suit son amoureux envoyé par une société française à Singapour pour ce qui devait être à l’origine une courte mission.

A 23 ans, la jeune femme originaire de Metz compte bien savourer ces instants en Asie avant de retrouver sa vie d’avant. Elle vient de terminer ses études d’optique-optométrie.

 

Des cours d’anglais aux cours de français

Au fil des mois, la mission de son compagnon –devenu son mari depuis- se prolonge, s’éternise. Et lorsque Amélie Recroix comprend qu’elle ne rentrera pas en France, elle préfère commencer une nouvelle vie. Ne pouvant exercer à Singapour dans le domaine paramédical, son domaine de prédilection, elle choisit de reprendre ses études et s’oriente vers une formation qui lui permettrait de travailler partout dans le monde. Elle prend donc des cours par correspondance de français langue étrangère (FLE) pour enseigner sa langue maternelle.

En 2011, Amélie Recroix crée French Studio et donne à domicile une vingtaine de cours de français par semaine. Ses premiers clients sont des Singapouriens, des Indiens et même des Français scolarisés dans des écoles internationales. Grâce au bouche-à-oreille, sa structure se développe et dès 2012, la jeune prof décide d’embaucher d’autres enseignants et de louer des locaux pour y installer des salles de classe. Aujourd’hui, French Studio se situe dans une jolie petite shophouse de Joo Chiat Road, à l’est de Singapour et compte 15 professeurs et 400 étudiants par mois. En décembre 2014, une deuxième structure a ouvert : Spanish Studio est né.

 

Son école, sa vie

Amélie Recroix se dédie entièrement à son école, son projet, son bébé en quelque sorte. « Je connais à 80% les prénoms des élèves et les raisons pour lesquelles ils veulent apprendre le français ou l’espagnol », raconte-t-elle .

Travailleuse, la directrice d’école ne prend qu’une dizaine de jours de vacances par an depuis 4 ans. « Mon téléphone ne me quitte jamais », explique-t-elle. « Je n’ai plus le temps d’enseigner, je ne fais que des remplacements car je m’occupe de tout le reste : l’administratif, le marketing, le recrutement, l’animation des sites Internet, la recherche de nouveaux clients… », poursuit la chef d’entreprise.

Perfectionniste, Amélie Recroix n’a pas hésité à demander la certification de son établissement par le Ministère de l’Education qu’elle a obtenue en 2013, au prix de lourds efforts, au terme d’un long processus. « Nous avons été plusieurs fois inspectés, nous avons du traduire en anglais tous les cours de français afin que les inspecteurs les étudient et nous avons même du repousser un des murs de l’école de 10 cm afin d’être aux normes, mais cette certification était importante pour moi, c’est un gage de qualité », précise-t-elle.

Généreuse, Amélie Recroix veut faire connaître la culture française à ses étudiants, à travers les cours mais aussi via des événements qu’elle organise toute l’année dans différents restaurants français de Singapour.

 

Une femme de l’Est

« L’optique me paraît loin mais ne me manque pas», confie la jeune française qui ne regrette pas sa nouvelle vie. « Cela demande beaucoup de temps et de sacrifices mais je suis contente de me lever tous les matins pour aller travailler », raconte-t-elle.

Amélie Recroix vit et travaille à East Coast, « un quartier sympa » qu’elle apprécie et qu’elle ne se verrait pas quitter.

« Singapour, avec sa diversité culturelle, me correspond plus que l’Europe », avoue-t-elle avant d’ajouter qu’« il est plus simple de créer une entreprise dans la Cité-Etat qu’en France ». Mais pour Amélie Recroix, « ce n’est pas pour autant facile tous les jours d’être loin de (s)a famille ». L’éloignement est pesant. « C’est la règle du jeu, on le savait », conclut-elle.

 

 

Pour en savoir plus :

http://www.frenchstudio.sg

http://www.spanishstudio.sg