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Ariane Nabarro est guide francophone à Singapour. ©Colombe de l'Epine.

Ariane Nabarro est guide touristique à Singapour. ©Colombe de l’Epine

 

Ariane Nabarro est installée à Singapour depuis 17 ans et nous confie la vision qu’elle a de ce pays. 

Quel regard portez-vous sur Singapour ?

C’est l’évolution de ce pays en 50 ans qui me touche. J’ai vu grandir ce pays qui est en perpétuelle mutation et soit on se met dans la mouvance, soit on reste en dehors. Le gouvernement avance et il avance vite. A partir du moment où il veut lancer un projet, il met tout en œuvre pour que cela réussisse et que la population l’accepte en s’appuyant sur les moyens de communication, la presse locale, les réseaux sociaux…

Les Singapouriens ont une capacité à s’adapter, à se remettre en question et à repérer ce qui se fait de bien chez les autres pour le refaire en mieux. Par exemple, l’île de Semakau qui sert à récupérer les cendres de nos ordures. Ils se sont notamment inspirés des Japonais pour concevoir l’île, construite à partir de deux petits îlots réunis grâce à l’enfouissement des déchets incinérés à Singapour et dont les cendres sont transportées par des barges électriques puis disposées en parcelles sur l’île. Mais le plus étonnant, c’est que la faune et la flore ont fait leur apparition avec des crustacés, des poissons, des algues dans la mer et il y a aussi des oiseaux qui viennent se poser dans ce havre de paix.

Les Singapouriens m’impressionnent aussi à concevoir des lieux où l’utile et l’agréable sont maximisés comme à Marina Bay.

Ils sont des champions de la reconversion. Par exemple, l’ancienne Cour Suprême –que j’ai connue en activité- et le City Hall vont bientôt devenir la National Art Gallery. Les bâtiments et les lieux ne disparaissent plus autant qu’avant. Le gouvernement a changé de politique. Il fut un temps où il détruisait pour rebâtir. Maintenant, il conserve certains monuments à condition que ces bâtiments puissent être utiles à une autre destination.

Je suis complètement portée par ce pays et je le porte aussi. Après avoir été guide bénévole dans les musées, pour les Friends of Museum, pendant plus de 15 ans, je suis devenue guide touristique agréée par le STB, Singapore Tourism Board, l’organisme national du tourisme. Je « vends » Singapour à qui veut m’entendre!

 

Qu’est-ce qui vous plaît à Singapour ?

En arrivant, j’ai été tout de suite très sensible aux différentes tonalités de vert qui existent à Singapour. La verdure est omniprésente. Il y en a même sur les murs et les balcons aujourd’hui. C’est incroyable de voir l’abondance de cette nature dans un si petit pays.

En terme d’honnêteté et de sécurité, Singapour est un pays hors-norme. En débarquant de l’avion en 1997, j’ai d’abord oublié ma caméra sur le comptoir de l’immigration à l’aéroport, lorsque je m’en suis rendue compte le soir, j’ai appelé et je l’ai retrouvée. Le lendemain, j’ai laissé mon sac à main dans les rayons d’un magasin, une heure après il était encore là. Il faut préciser que c’était ma toute première expatriation, que j’étais « bien enceinte » et que je ne savais pas ce qui m’attendait dans ce pays tout nouveau. Ici, je ne me méfie pas des gens, ils sont gentils. Je ne pense pas au danger et je n’ai pas peur que l’on me vole mon portefeuille ou mon sac.

Après tant d’années passées à Singapour, j’ai beaucoup de tendresse pour ce pays même si évidemment certaines choses m’agacent comme leur conduite. Ils ne sont pas sûrs d’eux mais roulent très vite malgré tout et ils ne sont pas capables de rester dans leur file. Le Singapourien a besoin d’au moins deux files pour conduire. Le pays est aussi très tourné vers l’argent. Ils boursicotent même dans les hawkers centers (lieu de restauration locale située en extérieur, ndlr). Et beaucoup de choses sont basées sur l’argent.

 

Qu’avez-vous appris à Singapour ?

Quand on s’est mis en tête qu’on vit dans un pays qui n’a que 50 ans, je trouve que l’on devient beaucoup plus tolérant car on n’a pas le même passé.

C’est un pays d’immigration. Tout a l’air très international mais c’est un vernis car chacun a amené sa culture et la garde. Ce qui est impressionnant dans ce pays, c’est qu’il y beaucoup de cultures et de religions différentes mais la population cohabite en harmonie : les personnes ne sont peut-être pas toujours sur la même longueur d’onde, mais elles se respectent.

Je trouve cela formidable d’essayer de se mettre à l’unisson et de vivre à l’heure singapourienne. Pour Deepavali, je sors les lumières et les bougies pour décorer ma maison, pour Chinese New Year, j’accroche les lanternes chinoises et je transforme tout en rouge et or…Il n’y a pas de saisons ici, ce sont donc les fêtes religieuses qui rythment ma vie. J’ai acquis une grande ouverture d’esprit à Singapour, j’ai des amies du monde entier et de toutes les religions dont j’aime la compagnie; j’apprends quotidiennement.

 

Les obsèques de Lee Kuan Yew ont eu lieu dimanche dernier.

Malgré la pluie, plus de 100.000 personnes sont venues dans les rues, saluer une dernière fois la mémoire du père fondateur de la Cité-Etat. Le cortège funéraire a parcouru une quinzaine de kilomètres à travers la ville, avant de se rendre sur les lieux de la cérémonie, situés au Centre Culturel Universitaire dans l’enceinte de l’Université Nationale de Singapour. Tout le long, les drapeaux nationaux accrochés aux barrières de sécurité, ont balisé le parcours.

Le convoi est passé devant plusieurs bâtiments historiques et symboliques de l’ère Lee Kuan Yew : comme devant le vieux Parlement où il a été élu député en 1955, le City Hall d’où il a publié la déclaration d’indépendance de Singapour, le Padang où a eu lieu la première parade nationale le 9 août 1966 ou encore devant de nombreux immeubles HDB (Housing and Development Board) dont la construction a été l’une des premières mesures phares mises en place, permettant aux Singapouriens de devenir propriétaires de leur logement.

L’instant solennel a été notamment marqué par les 21 coups de canon tirés et par le survol de 4 avions F-16 de la Black Knights, la patrouille acrobatique de la force aérienne de Singapour, en hommage à l’ancien Premier ministre.

A l’approche du cortège, la foule a scandé le nom de Lee Kuan Yew et beaucoup ont été pris d’émotion. Les adieux à celui qui a dirigé le pays pendant plus de trente ans semblent difficiles.

Durant la semaine de deuil national qui a précédé les funérailles, les Singapouriens n’ont cessé de multiplier les marques de respect et de reconnaissance à l’égard de l’ancien dirigeant décédé à l’âge de 91 ans. Fleurs, dessins, portraits ou cartes à l’attention de Lee Kuan Yew, les gestes de gratitude n’ont pas manqué, pour remercier celui qui a construit et pensé le Singapour moderne. Environ 1,5 million de personnes sont ainsi venues lui rendre hommage, devant sa dépouille présentée au Parlement ou dans les 18 « community clubs » répartis un peu partout sur l’île.

Retour donc en images sur une semaine de deuil national.

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« Rest in peace Mr. Lee Kuan Yew », peut-on lire sur des bouquets de fleurs déposés en hommage à l’ancien Premier ministre décédé cette nuit.

Aujourd’hui, Singapour est orpheline.

Le père fondateur de la Cité-Etat, Lee Kuan Yew, âgé de 91 ans, est décédé dans la nuit, au Singapore General Hospital, où il était hospitalisé pour une pneumonie depuis le 5 février dernier.

Son fils, l’actuel Premier ministre, a décrété une semaine de deuil national –jusqu’au 29 mars- en hommage à celui qui a gouverné le pays de 1959 à 1990.

Quelques heures seulement après l’annonce du décès de Lee Kuan Yew, de nombreux Singapouriens, émus, se rendaient déjà devant l’entrée principale de l’Istana, le palais présidentiel, pour présenter leurs condoléances, déposer des fleurs ou apporter des dessins, comme de multiples marques de respect à l’endroit du premier Premier ministre de Singapour.

Le site officiel, Remembering Lee Kuan Yew –www.rememberingleekuanyew.sg– qui retrace notamment la vie et la carrière politique du leader singapourien, vient d’être mis en ligne et offre également aux internautes la possibilité d’écrire un message d’adieu à l’ancien dirigeant.

Dans une allocution télévisée, le Premier ministre, Lee Hsien Loong, a rendu hommage ce matin, à celui qui « nous a inspirés, nous a donné du courage, nous a maintenus ensemble, et nous a conduits ici », a-t-il déclaré en s’adressant aux Singapouriens.

« Il s’est battu pour notre indépendance, a construit une nation là où il n’y en avait pas, et nous a rendus fiers d’être Singapouriens », a-t-il précisé avant d’ajouter « Lee Kuan Yew était Singapour ».

C’est en effet lui qui, en trente-et-un an, a transformé le pays densément boisé et nouvellement indépendant, en une société ultra-moderne, multiculturelle, à l’économie florissante.

Des hommages du monde entier

Aujourd’hui, les dirigeants du monde entier saluent l’homme d’Etat. « Il fut un vrai géant de l’histoire qui restera pour les générations à venir comme le père du Singapour moderne et comme l’un des grands stratèges des affaires asiatiques », a déclaré le président américain, Barack Obama. Pour le président chinois, Xi Jinping, Lee Kuan Yew « était largement respecté par la communauté internationale en tant que stratège et homme d’état ».

Dans un communiqué, le président français, François Hollande, a salué la mémoire d’un « homme d’Etat visionnaire, qui a su guider le développement remarquable de Singapour depuis son indépendance en 1965 ». Et d’ajouter, « alors que Singapour et la France célèbrent cette année le cinquantenaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques, la France perd un ami, qui avait oeuvré au rapprochement entre nos deux pays et à l’approfondissement de nos coopérations dans tous les domaines ».

Une semaine de deuil national

Dès mercredi, la dépouille de Lee Kuan Yew, qui se trouve depuis cet après-midi à Sri Temasek, la résidence officielle du Premier ministre, située dans l’enceinte de l’Istana, devrait être présentée au public pendant quatre jours au Parlement.

Dimanche prochain, jour des funérailles nationales, une procession conduira le cortège funèbre à l’University Cultural Centre où seront notamment réunis la famille, le Président, Tony Tan Keng Yam, le Gouvernement, les membres du Parlement et les hauts fonctionnaires. Dans l’intimité, les proches devraient ensuite se rendre au crématorium de Mandai, dans le nord du pays.

Le Nouvel An chinois célèbre la chèvre. ©Kreta Ayer-Kim Seng Citizens Consultative Committee.

Le Nouvel An chinois célèbre la chèvre. ©Kreta Ayer-Kim Seng Citizens Consultative Committee.

Dès demain débuteront à Singapour les festivités du Nouvel An chinois. Pendant près de deux mois, la Cité-Etat célèbrera l’une des fêtes les plus importantes du calendrier lunaire qui met cette année la chèvre à l’honneur.

Le quartier de Chinatown s’illuminera ce samedi soir à 18h pour revêtir les traditionnelles couleurs chaudes et vives du Nouvel An chinois et ce jusqu’au 19 mars prochain.

Cette année, les célébrations placées sous le thème de « l’abondance de joie et de prospérité » revêtent un caractère exceptionnel car elles donnent aussi le coup d’envoi des festivités liées au cinquantième anniversaire de Singapour.

Selon le quotidien Straits Times, près de 1.500 lanternes en forme de pièces d’or et 338 en forme de chèvres décoreront le quartier.

Des spectacles nocturnes de danses et de chants traditionnels devraient aussi avoir lieu dès demain, sur la place Kreta Ayer Square.

Dans le plus grand respect de la tradition, un arbre à vœux sera installé dans le centre commercial de Chinatown Point. Et dans les rues de Pagoda Street, Smith Street, Sago Street, Temple Street et Trengganu Street, des étales mettront en avant toutes les spécialités culinaires et artisanales de cette fête.

A ne pas manquer le 7 février, la compétition internationale de « Danse du Lion » dans laquelle devraient concourir de nombreuses troupes de danseurs singapouriens et d’Asie Pacifique.

Chinatown n’est évidemment pas le seul endroit à Singapour à fêter la nouvelle année de la chèvre.

Marina Bay s’éclairera à son tour en présence du Premier Ministre Lee Hsien Loong, avec un premier feu d’artifice le 17 février puis un second le 18 à l’occasion du décompte avant le premier jour de l’année lunaire, célébrée en 2015 le 19 février.

Douze jours de fêtes et de spectacles vivants auront lieu sur la plateforme flottante de la Marina. A l’occasion du jubilé de Singapour, cette manifestation, « River Hongbao » qui a lieu chaque année depuis 29 ans, promet d’être l’une des plus remarquables de son histoire, avec notamment des spectacles acrobatiques et une exposition de photos portant sur les célébrations d’époque du Nouvel An chinois.

Pour en savoir plus :

http://chinatownfestivals.sg

http://www.riverhongbao.sg

En direction de Penang en Malaisie. ©Belmond

En direction de Penang en Malaisie. ©Belmond

C’est à la gare de Woodlands, au nord de Singapour, que les voyageurs embarquent à bord du train le plus luxueux d’Asie du Sud-Est pour un séjour de trois jours et deux nuits d’exception. Direction: Bangkok.

Les 22 wagons à la livrée verte de l’Eastern & Oriental Express se faufilent à travers plus de 2.000 km de paysages enchanteurs. D’abord, Singapour et ses gratte-ciels que l’on devine au loin, puis le détroit de Johor et la Malaisie où les immenses plantations de palmiers à huile jouxtent les forêts d’hévéas. La capitale moderne, Kuala Lumpur et sa gare à l’architecture mauresque forment un merveilleux contraste. Un peu plus loin, l’île de Penang au nord du pays et la Thaïlande enfin avec ses rizières et ses pagodes. La traversée du célèbre pont de la rivière Kwai pimente la fin de l’aventure avant l’arrivée à Bangkok.

Chaque année, près de 4.000 passagers, essentiellement des Anglais, des Américains et des Australiens, voyagent sur cette ligne qui fait tous les ans 45 à 50 trajets entre la Cité-Etat et la capitale thaïlandaise, soit entre 3 et 4 départs par mois selon la saison.

Un train aux allures d’Orient-Express

« Suite au succès du train Venice Simplon-Orient-Express qui relie Londres, Paris et Venise, l’idée est née dans les années 1990 de créer une ligne entre Singapour et Bangkok », raconte Nicolas Pillet, directeur général de l’Eastern & Oriental Express. Les voitures construites en 1972, ont été achetées aux chemins de fer néo-zélandais puis entièrement rénovées pour plus de 20 millions de dollars. Le 26 septembre 1993, l’Eastern & Oriental Express est mis en circulation.

« On a voulu garder le même esprit qui règne à bord du Venice Simplon-Orient-Express tout en essayant de respecter la culture tropicale et asiatique », précise Nicolas Pillet. L’intérieur est l’œuvre du décorateur français Gérard Gallet. Le style est colonial et boisé : chêne, teck, érable ou bois de rose ornent les cabines. L’éclairage tamisé. « Tout cela contribue au rêve », explique le directeur de l’Eastern & Oriental Express pour qui « une fois à bord, on est transporté dans le passé pour un voyage hors du temps ». Et comme pour renforcer cette impression, les passagers sont invités à s’habiller élégamment –robe de soirée pour les femmes et costume ou smoking pour les hommes- pour un dîner au service soigné dans l’un des deux wagons-restaurants.

C’est d’ailleurs un autre Français qui est en cuisine. Le chef Yannis Martineau est un habitué des espaces réduits. Avant de rejoindre l’Eastern & Oriental Express, il travaillait à bord du train Londres-Paris-Venise. Sa cuisine essentiellement française, est agrémentée d’épices lorsque le train traverse la Malaisie et se pare d’une touche « thaï », une fois passée la frontière.

La rame compte une voiture piano-bar, une voiture salon-bibliothèque ainsi qu’une plateforme en deck pour apprécier le paysage à l’arrière. Le train peut accueillir jusqu’à 132 passagers répartis dans 14 wagons-lits, avec des couchettes individuelles, superposées ou côte-à-côte. En fonction du taux de remplissage des cabines, on dénombre à bord entre quarante et soixante membres d’équipage attentionnés. Il faut dire que le prix de ce séjour est d’environ 2.000 euros par personne minimum.

Pour en savoir plus, embarquez à bord de l’Eastern & Oriental Express.

L’Eastern & Oriental Express, sans doute le train le plus luxueux d’Asie du Sud-Est assure la liaison entre Singapour et Bangkok depuis 1993. En trois jours et deux nuits, ces 22 wagons à la livrée vert parcourt plus de 2.000 km, avec à son bord un maximum de 132 passagers et d’une  soixantaine de membres d’équipage parmi lesquels on compte le chef français, Yannis Martineau.

Pour en savoir plus, lisez l’article Singapour-Bangkok: un voyage hors du temps à bord de l’Eastern & Oriental Express

Décoration florale aux couleurs de noël au Flower Dome. ©Gardens by the Bay and Blue Sky Events

Décorations florales aux couleurs de noël dans le Flower Dome. ©Gardens by the Bay and Blue Sky Events

Lorsque le célèbre parc singapourien fête Noël, le résultat est détonnant mais tout aussi charmant. Dans la serre du Flower Dome, entre les Baobabs et les palmiers, les poinsettias rouges et blancs surnommés les étoiles de Noël jonchent le parterre. Sapins et bonhommes de neige posés sur de la fausse neige apportent leur touche hivernale dans un lieu ultra climatisé pour l’occasion. De la fumée s’échappe même de quelques charmants chalets de montagne miniatures.

Sous les arbres géants au tronc d’acier du Supertree Grove, c’est un marché de Noël traditionnel que l’on a l’habitude de voir en Europe, qui prend place pour la première fois à Gardens by the bay jusqu’au 21 décembre. Dans les petites cahutes en bois, des vendeurs d’artisanat et d’objets en tous genres côtoient des marchands d’épicerie fine ou de snacks à emporter. La reine des desserts, Janice Wong, élue meilleur chef pâtissier d’Asie en 2014, doit présenter son art de la création, ses petits trésors sucrés.

Un décor de lumières enchante les lieux et offre un cadre féerique à toutes une série de représentations inédites qui se déroulent jusqu’au 6 janvier telles qu’une parade sur le thème de Casse-noisette, un spectacle de sons et lumières ou encore un concert de musiques traditionnelles écossaises.

La magie de Noël touche petits et grands. Les premiers seront notamment fascinés par les chutes de flocons de neige, occupés par les ateliers de création de cartes de vœux ou amusés par le petit train de Noël qui circule à travers le parc. Les seconds seront quant à eux emportés par les voix des diverses chorales invitées pour l’occasion, éblouis par les costumes scintillants de personnages imaginaires ou enfin émerveillés par un dîner sous une sorte de chapiteau.

Pour en savoir plus sur le programme détaillé des spectacles et des activités :

www.gardensbythebay.com.sg

Le violoniste français Renaud Capuçon en concert à l'Esplanade Concert Hall.

Le violoniste français Renaud Capuçon en concert à l’Esplanade Concert Hall.

Le violoniste français joue ce samedi sur la scène de l’Esplanade Concert Hall, avec le Singapore Symphony Orchestra. Sous la direction de Lan Shui, il doit interpréter le concerto pour violon No.3 en G majeur de Mozart.

Depuis cinq ans environ, Renaud Capuçon est invité chaque année à manier son archet dans la prestigieuse salle de concert de Singapour. Le musicien serait presque devenu un habitué de ce lieu qu’il affectionne.

« J’ai créé avec cet orchestre une sorte de complicité que je retrouve chaque année et même si nous ne nous voyons que deux jours, une fois par an, j’ai l’impression que l’on s’est quitté la veille », raconte le soliste pour qui « faire de la musique avec le Singapore Symphony Orchestra devient quelque chose de naturel ». Une certaine connivence semble même s’être installée entre le Français et le chef d’orchestre, qui plaisantent tous deux volontiers lors des répétitions pourtant menées à la baguette.

Dirigé par Lan Shui depuis 1997, le Singapore Symphony Orchestra composé de 96 membres a acquis une certaine reconnaissance internationale et cherche justement à créer « un pont entre les traditions musicales d’Asie et de l’Ouest ». L’affiche de ce soir en est donc la parfaite illustration.

Pour Renaud Capuçon, « Singapour est aujourd’hui devenue une place forte en Asie pour la musique classique, avec une magnifique programmation ».

Le public singapourien est « un public de connaisseurs très fidèles qui apprécient que les Européens viennent à eux », précise le violoniste qui dédicace des centaines de disques lors de chaque concert donné dans la Cité-état.

Methode de Singapour

Jean-Michel Jamet est professeur des écoles au CP et CE1 en Bretagne. Depuis 5 ans, il enseigne les mathématiques en utilisant la méthode de Singapour. 

En quoi consiste la méthode de Singapour ?

La méthode de Singapour aborde chaque notion mathématique en suivant trois étapes. D’abord l’étape concrète grâce à laquelle l’élève va rapidement se faire une idée de la notion abordée à l’aide d’objets concrets, manipulés et de mises en situation. Vient ensuite l’étape de la représentation imagée qui est une étape intermédiaire propre à cette méthode et qui permet à l’élève de représenter visuellement la notion travaillée à l’écrit, au tableau par exemple. La dernière étape est dite abstraite et introduit enfin les chiffres et les symboles mathématiques. La grande force de cette méthode est sa progressivité. L’élève avance pas à pas et travaille longtemps la même notion, ce qui donne aux enfants en difficultés plus de chance d’assimiler la leçon.

La méthode de Singapour s’appelle aussi la méthode par modélisation car elle consiste à résoudre les problèmes à l’aide de barres dessinées pour symboliser les quantités connues et inconnues de l’énoncé. C’est une méthode efficace pour résoudre la quasi-totalité des problèmes du primaire et du collège. Elle permet à l’élève de prendre le temps de comprendre le problème avant de s’empresser à le calculer.

Pourquoi est-elle née à Singapour ?

Dans les années 1975, des évaluations internationales ont révélé que 25% des élèves singapouriens n’avaient pas acquis les compétences de base en mathématiques. A titre indicatif, 30% des élèves en France n’ont pas acquis ces mêmes compétences en 2013. Le gouvernement singapourien s’est donc fixé comme objectif de relever le niveau. Au sein du ministère de l’Education nationale, un groupe de didacticiens (pédagogues spécialisés dans une discipline, en l’occurrence les mathématiques, ndlr) en partenariat avec des établissements scolaires et des conseillers pédagogiques, a donc mis au point cette méthode dans les années 1990. L’idée était pour eux de créer des outils très performants capables d’améliorer rapidement le niveau des élèves en mathématiques. Entre 1990 et 2003, Singapour arrive en tête trois fois de suite des évaluations internationales dans des domaines aussi difficiles que les fractions, le calcul et la résolution de problèmes. On a donc pu vérifier l’efficacité de cette méthode. Dès 2003, un comité international s’est intéressé à cette démarche qui s’est ensuite exportée essentiellement en Asie, aujourd’hui en tête des classements, et aux Etats-Unis.

Au vu de ses bons résultats, pour quelles raisons la méthode de Singapour n’est-elle pas davantage enseignée en France ?

Environ 1000 classes en France utilisent la méthode de Singapour pour l’apprentissage des mathématiques. Nous sommes en France dans un système éducatif très francophone, qui se méfie de ce qui vient de l’étranger et surtout de ce qui vient des Anglo-saxons.

La méthode de Singapour, bien que traduite en français, n’est pas en adéquation avec nos programmes scolaires. Par exemple, les Singapouriens apprennent dans le même temps l’addition et la soustraction car ces opérations sont complémentaires. Mais pour les Français, celles-ci sont enseignées séparément. En Asie, les élèves ont aussi plus d’heures de mathématiques par semaine.

D’autre part, certains inspecteurs d’académie peuvent ne pas apprécier le fait que les enseignants, en choisissant d’appliquer la méthode de Singapour -comme ils sont libres de le faire depuis 2005- n’exécutent pas l’intégralité du programme de mathématiques prévu. Car, en effet, la méthode de Singapour est pauvre et basique en matière de géométrie et nécessite une remédiation pédagogique pour les professeurs en France. La France cultive l’excellence en matière de tracé. Dans la méthode de Singapour, il n’est pas exigé qu’un élève de 7 ans sache tracer un rectangle, un carré ou un triangle rectangle alors qu’au même âge, un élève français sait déjà se servir d’une règle et d’une équerre.

Adopter cet outil suppose enfin tout un travail d’équipe entre les enseignants de niveaux différents afin qu’il y ait un suivi dans la méthode. Il est donc préférable que ce soit toute l’école qui décide d’appliquer la méthode de Singapour et non un seul enseignant isolé.

A Singapour, l’enseigne suédoise déborde d’imagination en matière de spots publicitaires.

Pour souhaiter de joyeuses fêtes d’Halloween à ses clients, le géant de l’ameublement a mis en ligne la semaine dernière une vidéo fortement inspirée du film d’horreur Shining de Stanley Kubrick. Dans ce clip d’une minute et 24 secondes, Danny, un petit garçon du même nom que le héros du film des années 1980, pédale assis sur son tricycle dans les couloirs sombres d’un magasin IKEA après sa fermeture. Soudain, il se retrouve nez-à-nez avec deux personnes étrangement habillées d’une même robe bleue, lui demandant de « venir payer » avec elles. Dans le film culte, le garçonnet voit le fantôme de jumelles qui l’invitent à « venir jouer » avec elles. En une semaine, la vidéo a déjà été vue par près de 3,8 millions d’internautes.

IKEA versus Apple

Mais la filiale à Singapour ne manque décidément pas d’humour.

Début septembre, pour annoncer la sortie de son nouveau catalogue 2015, l’enseigne suédoise a parodié les publicités d’Apple vantant les propriétés de ses tablettes ou téléphones. Le livret IKEA de 328 pages appelé « bookbook » dans ce clip, est alors mis en avant comme s’il s’agissait de la dernière nouveauté technologique de la célèbre marque à la pomme. La vidéo intitulée « Experience the power of a bookbook » a récolté plus de 12,7 millions de vues.