L’Eastern & Oriental Express, sans doute le train le plus luxueux d’Asie du Sud-Est assure la liaison entre Singapour et Bangkok depuis 1993. En trois jours et deux nuits, ces 22 wagons à la livrée vert parcourt plus de 2.000 km, avec à son bord un maximum de 132 passagers et d’une soixantaine de membres d’équipage parmi lesquels on compte le chef français, Yannis Martineau.
Pour en savoir plus, lisez l’article Singapour-Bangkok: un voyage hors du temps à bord de l’Eastern & Oriental Express
Singapour met le cinéma à l’honneur cette semaine. D’abord le cinéma français avec la 4ème édition du Rendezvous with French Cinema qui se déroule jusqu’au 7 décembre dans la Cité-Etat, puis le cinéma international quoique essentiellement asiatique avec le Singapore International Film Festival (SGIFF) qui a débuté hier pour une dizaine de jours.
Le festival français met l’accent cette année sur Juliette Binoche -l’une des actrices françaises les plus connues à l’étranger pour son rôle dans le Patient anglais en 1996- en programmant la projection du documentaire « Juliette Binoche : dans les yeux » réalisé par sa sœur Marion Stalens. Mais ce Rendezvous avec « le meilleur du cinéma français contemporain » fait aussi la part belle à une nouvelle génération d’acteurs et de réalisateurs français. Audrey Dana, la réalisatrice de « Sous les jupes des filles » et Philippe de Chauvron, le réalisateur de « Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu » accompagné de deux de ses acteurs Medi Sadoun et Emilie Caen, forment la relève et sont venus à Singapour présenter leur film.
Le SGIFF célèbre quant à lui son 25ème anniversaire, avec 147 films de 50 pays différents présentés. Pour la première fois, le festival s’est ouvert avec la projection d’un film singapourien, « Unlucky Plaza » de Ken Kwek. « Ceci est un changement significatif qui révèle notre engagement à développer nos propres talents », explique Wahyuni Hadi, directrice exécutive du SGIFF. L’organisatrice du festival rappelle que « le cinéma singapourien a émergé dans les années 1990. Après l’indépendance de Singapour, il y a eu une période de transition pendant laquelle le pays a du développer sa propre industrie cinématographique et trouver son identité ». Mais aujourd’hui, selon Wahyuni Hadi « une vingtaine de films sont produits chaque année, ce qui est plutôt beaucoup par rapport à la taille du pays », précise-t-elle.
Deux portraits de femmes
Wahyuni Hadi, justement est aussi la co-productrice du film d’Anthony Chen « Ilo-Ilo » qui est le premier film singapourien à avoir remporté en 2013 la Caméra d’Or au Festival de Cannes. « Ce film est devenu une référence pour notre cinéma », raconte la jeune femme connue dans le milieu pour son engagement dans la promotion du cinéma indépendant singapourien. En 2013, elle publie « Derrière la caméra », un livre qui retrace l’histoire contemporaine de l’industrie du film singapourien à travers une série d’anecdotes personnelles. « Le cinéma, comme beaucoup d’autres secteurs, est dominé par les hommes, notamment en Asie du Sud-Est, explique la directrice exécutive du SGIFF. Cependant, confie-t-elle, il y a un nombre croissant de femmes productrices, commissaires ou directrices artistiques et j’espère surtout pouvoir servir d’exemple aux jeunes femmes qui veulent tenter leur chance dans l’industrie cinématographique ».
La française, Audrey Dana, est un autre exemple de femme qui ose, cette fois en France. A 37 ans, elle vient de réaliser son premier long-métrage, « Sous les jupes des filles », qu’elle est venue présenter dans la Cité-Etat. Entourée d’une jolie bande de dix copines actrices, Audrey Dana fait ses débuts derrière la caméra avec un film engagé et féministe. « Je veux adresser un message de liberté aux femmes », explique la réalisatrice qui se compte parmi « seulement les 3% de réalisatrices dans le monde ». Audrey Dana appartient à cette nouvelle génération d’actrices du cinéma français. Repérée par Lelouch, elle est nommée en 2008 aux César du Meilleur Espoir Féminin pour le film « Roman de gare » et remporte le prix Romy Schneider. Elle est ensuite à l’affiche notamment de « Bruit de glaçons » de Bertrand Blier, de « Ces amours-là » de Claude Lelouch et de « Denis » de Lionel Bailliu. Audrey Dana qui « désormais ne voudrai(t) plus que faire de la réalisation », prépare un second long-métrage « Si j’étais un homme », prévu pour septembre 2016.

Décorations florales aux couleurs de noël dans le Flower Dome. ©Gardens by the Bay and Blue Sky Events
Lorsque le célèbre parc singapourien fête Noël, le résultat est détonnant mais tout aussi charmant. Dans la serre du Flower Dome, entre les Baobabs et les palmiers, les poinsettias rouges et blancs surnommés les étoiles de Noël jonchent le parterre. Sapins et bonhommes de neige posés sur de la fausse neige apportent leur touche hivernale dans un lieu ultra climatisé pour l’occasion. De la fumée s’échappe même de quelques charmants chalets de montagne miniatures.
Sous les arbres géants au tronc d’acier du Supertree Grove, c’est un marché de Noël traditionnel que l’on a l’habitude de voir en Europe, qui prend place pour la première fois à Gardens by the bay jusqu’au 21 décembre. Dans les petites cahutes en bois, des vendeurs d’artisanat et d’objets en tous genres côtoient des marchands d’épicerie fine ou de snacks à emporter. La reine des desserts, Janice Wong, élue meilleur chef pâtissier d’Asie en 2014, doit présenter son art de la création, ses petits trésors sucrés.
Un décor de lumières enchante les lieux et offre un cadre féerique à toutes une série de représentations inédites qui se déroulent jusqu’au 6 janvier telles qu’une parade sur le thème de Casse-noisette, un spectacle de sons et lumières ou encore un concert de musiques traditionnelles écossaises.
La magie de Noël touche petits et grands. Les premiers seront notamment fascinés par les chutes de flocons de neige, occupés par les ateliers de création de cartes de vœux ou amusés par le petit train de Noël qui circule à travers le parc. Les seconds seront quant à eux emportés par les voix des diverses chorales invitées pour l’occasion, éblouis par les costumes scintillants de personnages imaginaires ou enfin émerveillés par un dîner sous une sorte de chapiteau.
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