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Yi Lin Cheng maquille Singapour

A peine âgée de 25 ans, Yi Lin Cheng, vient de faire son entrée sur la scène artistique singapourienne.

Repérée puis contactée par la célèbre enseigne de cosmétiques, Shu Uemura, la jeune artiste a réalisé le mois dernier un croquis de la vue de Marina Bay en utilisant crayons, fards à paupières et eyeliners de la marque japonaise.

« C’était la première fois que je dessinais avec du maquillage. J’ai fait deux brouillons avant de réaliser la composition finale », raconte l’artiste qui aime relever les défis. « Je trouvais l’idée intéressante, précise-t-elle, c’est l’idée que l’utilisateur est comme un artiste. Mettre du maquillage c’est comme peindre, faire une œuvre d’art, cela révèle notre personnalité », explique Yi Lin Cheng avant d’ajouter « cela m’a ouvert les yeux sur la possibilité d’expérimenter différents matériaux et de mélanger l’aquarelle, le pastel et le digital… »

Diplômée en 2013 d’une école de « Fashion design » à Los Angeles, la jeune artiste singapourienne a travaillé pendant deux ans à New York en tant qu’assistante styliste pour la créatrice américaine Rachel Zoe. En 2015, Yi Lin Cheng a préféré revenir s’installer à Singapour  afin d’« être exposée à de nouvelles opportunités », précise-t-elle. Pari réussi donc pour celle qui en collaborant avec Shu Uemura vient de remporter son plus important cachet.

Yi Lin Cheng continue de dessiner des modèles pour la marque Rachel Zoe mais cette fois en tant que styliste indépendante. Elle est aussi illustratrice et a créé sa propre ligne de dessins sur papier, Spick Studio. Cartes, calendriers, posters ou portraits, Yi Lin Cheng vend ses créations en ligne ou lors de foires aux créateurs. D’ici quelques mois, elle devrait également animer des ateliers d’aquarelle au centre Fashion Makerspace situé à Chinatown.

 

Eclipse solaire partielle vue le 15 janvier 2010 à Singapour.

Singapour s’apprête à voir une éclipse du soleil presque totale

Eclipse solaire partielle vue le 15 janvier 2010 à Singapour.

Eclipse solaire partielle vue le 15 janvier 2010 à Singapour. ©Science Centre Singapore

Demain matin à 8h23, c’est l’heure à laquelle la lune cachera presque intégralement le soleil à Singapour.

Si les conditions météorologiques le permettent, le spectacle tant attendu de l’éclipse partielle du soleil devrait donner l’impression que le soleil se couche à nouveau, une dizaine de minutes seulement après s’être levé.

L’éclipse solaire commencera à 7h22 et se terminera à 9h32. Deux heures pendant lesquelles la lune passera et s’alignera entre le soleil et la Terre. A 8h23 exactement, la lune couvrira à 87% la surface du soleil.

Le Science Centre Singapore, qui sera ouvert dès 7h30 pour l’occasion, a prévu de distribuer des lunettes de protection et d’installer 5 Vénuscopes (un dispositif breveté de rétro-projection qui permet de regarder le soleil sans danger pour les yeux) et 4 télescopes sur la terrace Fibonacci afin que le public puisse observer le phénomène astronomique. Une retransmission en direct depuis la Micronésie où l’éclipse solaire sera totale est également annoncée. Le centre scientifique espère accueillir entre 1.000 et 2.000 visiteurs dans la matinée.

Le terrain de football du Kent Ridge Campus, de la National University of Singapore (NUS) sera également transformé en aire d’observation. Une autre projection en direct de Sulawesi et organisée par deux étudiants de la NUS, sera aussi diffusée.

Car en effet, « c’est sur une étroite bande de 160 km de large allant de Sumatra au Pacifique que l’éclipse solaire sera totale », précise Li Hui Mok, éducatrice en sciences au Science Centre.

 

Le Lycée Français mobilisé

Selon le quotidien The Straits Times, quelques établissements scolaires tels que la Paya Lebar Methodist Girls’school ou la Nanyang Girls’High School ont décidé de faire participer les élèves à cet événement rare.

Le Lycée Français de Singapour est également mobilisé. « On a prévu d’équiper tous les enfants du primaire et du secondaire avec des lunettes de protection », explique la proviseure adjointe du LFS, Nadine Vial-Pradel qui précise que « les petites et moyennes sections resteront à l’abri. »

 

Attention aux yeux !

Lors d’une éclipse, il est évidemment tentant de regarder le soleil mais sans protection, cela peut endommager la rétine.

Alors pour ceux qui ne sont pas équipés de lunettes spéciales « éclipse », il est toutefois possible d’observer l’astre en toute sécurité grâce à quelques astuces que recommande Li Hui Mok, l’experte du Science Centre.

« On peut faire un trou de la taille d’une tête d’épingle dans une feuille de papier et projeter la lumière qui passe à travers ce trou sur un mur ou sur une autre feuille de couleur claire », explique Li Hui Mok. Ou encore plus simple, « former avec le pouce et l’index un petit rond et diriger cette lumière sur un mur ou une feuille », ajoute la spécialiste afin d’observer de façon indirecte l’évolution du phénomène astronomique.

Au total, Singapour a pu et pourra observer 146 éclipses entre 1700 et 2100. La prochaine –qui sera cette fois une éclipse solaire annulaire- aura lieu le 26 décembre 2019.

 

Pour suivre l’éclipse en direct sur Internet :

http://www.exploratorium.edu/eclipse

http://blog.nus.edu.sg/solareclipse2016/registration/

 

 

La chanteuse singapourienne Bevlyn Khoo. ©Bevlyn Khoo

Bevlyn Khoo, la plus francophile des chanteuses singapouriennes

La chanteuse singapourienne Bevlyn Khoo. ©Bevlyn Khoo

La chanteuse singapourienne Bevlyn Khoo. ©Bevlyn Khoo

Avec sa voix suave, sa chevelure auburn et son large sourire, Bevlyn Khoo est un petit bout de femme pétillante et très occupée.

C’est elle qui a composé et interprété la musique de la série télévisée « Jump Class » sortie en avril dernier sur la chaîne cablée de Starhub E City. La chanteuse en a d’ailleurs fait un album intitulé « Change the world » qu’elle a produit avec son propre label StoryTeller Wave créé en 2013. Mais avant d’être productrice, Bevlyn Khoo est surtout une artiste, auteur-compositeur-interprète de musique jazz et pop.

Elle joue aussi bien du ukulélé que du piano. Dès l’âge de 4 ans, elle commence à faire ses premières notes sur le piano de son oncle. Ses parents et ses proches sont des amoureux de musique. Pourtant Bevlyn Khoo choisit de suivre des études de psychologie à l’Université nationale de Singapour (NUS) et devient conseillère auprès des jeunes dans un centre de services familiaux du Rotary. Mais après un an et demi en tant que conseillère, « je me sentais déprimée, je pleurais derrière mes lunettes, dans le bus en rentrant du travail, je ramenais les problèmes à la maison », confie la jeune Singapourienne qui a donc décidé de démissionner pour se consacrer à la musique, sa passion

 

Une artiste indépendante…

En 2002, elle crée avec des amis « A Little Dream » une agence chargée d’organiser –encore aujourd’hui- l’animation musicale d’événements tels que des mariages, etc… pour lesquels Bevlyn Khoo chante régulièrement à l’époque. « Les premières années ont été assez difficiles mais je n’ai pas de regrets », confie la chanteuse. « J’écrivais des chansons et je faisais des démos », ajoute-t-elle. Dans ces années-là, Bevlyn Khoo est l’une des rares artistes indépendantes de la scène singapourienne.

En 2008, elle sort son premier album « Lonely Afternoon » qui remporte l’année suivante le prix du meilleur album indépendant au Singapore Entertainment Awards. Le succès de son disque lui ouvre les portes d’un label japonais avec lequel elle va sortir plusieurs albums avant de reprendre son statut d’artiste indépendant. « Lonely Afternoon » révèle aussi ses talents d’artiste polyglotte. Les six titres que compte l’album sont en mandarin, en anglais et en français, avec la reprise de « La Vie en Rose » d’Edith Piaf. Bevlyn Khoo chante aussi en japonais, et son don pour les langues est sa marque de fabrique.

…et francophile

Après avoir suivi pendant cinq ans des cours de français, l’artiste sort en 2010 « Bistro Affair » un album de jazz en français qui met à l’honneur les grands noms de la chanson française tels que Charles Aznavour, Yves Montand ou Sacha Distel… Le disque est un réel succès en Malaisie, à Hong-Kong et à Taiwan.

Bevlyn Khoo est d’ailleurs la seule chanteuse singapourienne à avoir fait tout un disque en français. « J’aime beaucoup le français mais c’est une langue très difficile que je ne pratique plus », explique la chanteuse qui aime écouter Camille et Ben l’Oncle Soul.

En 2013, elle écrit et interprète « Beautiful Purpose » lors de la cérémonie de Miss Monde organisée à Singapour.

Au total, c’est plus d’une centaine de chansons que Bevlyn Khoo a composées puis écrites sur des thèmes qui lui sont chers : des histoires d’amitié, d’amour, des expériences vécues.

Désormais, Bevlyn Khoo veut s’orienter vers la production de musique de films. C’est ce qui la rend heureuse.

Pour en savoir plus sur l’artiste:

http://www.bevlynkhoo.com

Vue de l'Atrium, à la National Gallery de Singapour. ©National Gallery Singapore

Singapour inaugure sa National Gallery consacrée à l’art moderne

Vue de l'Atrium, à la National Gallery de Singapour. ©National Gallery Singapore

Vue de l’Atrium, à la National Gallery de Singapour. ©National Gallery Singapore

Après dix années de travail minutieux, la National Gallery ouvre enfin ses portes au public aujourd’hui. L’événement, attendu de longue date, est le point d’orgue des célébrations du 50ème anniversaire de Singapour. Hier soir, le Premier ministre Lee Hsien Loong a inauguré ce nouveau musée national qui représente désormais la plus grande collection publique d’art moderne de Singapour et d’Asie du Sud-Est.

C’est à l’intérieur de deux bâtiments historiques -l’ancienne Court Suprême et le City Hall- en plein centre de Singapour, que se situe la National Gallery. Ces monuments symboliques ont été rénovés pendant près de cinq ans, pour un montant total de 530 millions de dollars singapouriens (ou 350 millions d’euros).

« Nous avons maintenu un profond respect pour l’architecture originale des bâtiments, afin que les visiteurs puissent apprécier l’histoire et le patrimoine lorsqu’ils marchent dans les couloirs où les décisions monumentales ont été faites », précise Lisa Horikawa, conservatrice du musée. C’est là par exemple que les Britanniques ont accepté la reddition des Japonais, mettant officiellement fin à l’occupation japonaise de Singapour ou que l’ancien Premier ministre Lee Kuan Yew a prêté serment. La visite de ces lieux chargés d’histoire est aussi impressionnante que la découverte des oeuvres d’art exposées.

 

En quelques chiffres

Désormais ses murs abritent un immense musée de 64.000 m2, soit la taille de neuf terrains de foot. Cette galerie qui expose près de 1.000 œuvres d’art datant du 19ème et 20ème siècles, renferme un trésor de plus de 8.000 pièces originaires d’une dizaine de pays : Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Birmanie, Philippines, Thaïlande, Vietnam et Singapour.

La National Gallery compte deux collections permanentes. La première, DBS Singapore Gallery, présente l’exposition « Siapa Nama Kamu ? » (Quel est ton nom ? en Malais) qui met en avant l’identité de Singapour et ses liens avec l’Asie du Sud-Est et le reste du monde. La seconde, UOB Southeast Asia Gallery, est consacrée à l’exposition « Between Declarations and Dreams » qui raconte de façon chronologique –du 19ème siècle jusqu’aux années 1990- l’histoire de l’art moderne d’Asie du Sud-Est.

Un troisième espace, Singtel Special Exhibition Gallery, est quant à lui dédié aux expositions temporaires organisées en partenariat avec des musées étrangers. C’est d’ailleurs en mars 2016 que sera organisée la première collaboration internationale avec le Centre Pompidou de Paris intitulée « Reframing Modernism ». « L’exposition vise à recadrer l’histoire du Modernisme, en explorant comment les artistes d’Asie du Sud-Est et d’Europe ont abordé des dimensions conceptuelles, formelles et sociales similaires de l’art moderne », explique la conservatrice de la National Gallery. Une seconde collaboration avec la galerie londonienne Tate Britain est également prévue à la fin de l’année 2016. Pour Lisa Horikawa, « ces collaborations sont spécifiquement destinées à favoriser la compréhension de l’art moderne en Asie du Sud dans un contexte mondial. »

 

Pour l’inauguration de la National Gallery dont l’entrée est gratuite jusqu’au 6 décembre, une vingtaine d’événements sont organisés dans le musée ou sur le Padang au cours des deux prochaines semaines.

 

 

Pour en savoir plus sur les festivités:

https://www.nationalgallery.sg/see-do/opening-celebrations

 

Campagne publicitaire "A Drive Back in Time" lancée par Audi pour les 50 ans de Singapour. ©Audi

Quand Audi fait une pub sur Singapour en 1965

Campagne publicitaire "A Drive Back in Time" lancée par Audi pour les 50 ans de Singapour. ©Audi

Campagne publicitaire « A Drive Back in Time » lancée par Audi pour les 50 ans de Singapour. ©Audi

C’est un voyage dans le temps qui nous transporte 50 ans en arrière, dans le centre historique de Singapour.

« A Drive Back in Time » est une campagne publicitaire lancée début octobre par la marque de voitures Audi à l’occasion du jubilé d’or de la Cité-Etat.

Le concept ? Monter à bord d’une Audi le temps d’un petit tour de voiture autour des lieux symboliques de Singapour, avec en guise de machine à remonter le temps, un casque de réalité virtuelle en carton et une vidéo en 3D représentant Singapour en 1965, avec ses bâtiments historiques et ses ambiances de rues.

Un film d’animation, légèrement coloré et à 360 degrés représente Singapour à ses prémices. Le casque sur les yeux, on tourne la tête de gauche à droite et on admire le paysage. On passe alors devant la Court Suprême, la Cathédrale de Saint Andrew et le Fullerton Hotel, puis on longe le front de mer.

 

 

« Singapour a fait d’énormes progrès en 50 ans depuis son indépendance. Audi vous ramène dans le temps pour voir comment Singapour s’est développée. Ceci est un cadeau d’Audi à Singapour pour la célébration de son jubilé », a expliqué dans un communiqué de presse, Jeff Mannering, directeur général d’Audi Singapour.

L’idée originale mêle le digital et le réel, la technologie et l’expérience de l’utilisateur. Sur YouTube, le spot publicitaire a déjà été vu plus de 178.000 fois.

Les passagers souhaitant participer à cette aventure temporelle doivent préalablement réserver leur siège sur le site Internet http://adrivebackintime.sg . La visite débute au Fullerton Hotel et se tient jusqu’au 25 octobre.

 

Le circuit de Marina Bay, à Singapour ©Lotus F1 Team /Glenn Dunbar/LAT Photographic.

Le Grand Prix de Singapour vu par les pilotes de F1

Le circuit de Marina Bay, à Singapour ©Lotus F1 Team /Glenn Dunbar/LAT Photographic.

Le circuit de Marina Bay, à Singapour ©Lotus F1 Team /Glenn Dunbar/LAT Photographic.

Les essais libres pour le Grand Prix de F1 qui devrait avoir lieu ce dimanche à Singapour débutent aujourd’hui. Avant d’entrer en piste, les pilotes automobiles ont fait quelques déclarations au sujet de cette course devenue mythique qui a accueilli l’an dernier environ 85.000 personnes le jour J.

 

« C’est une course fantastique et j’adore visiter Singapour : la ville est incroyable et les habitants très amicaux », a expliqué Felipe Massa, le pilote de Formule 1 brésilien.

Le Grand Prix de Singapour est en effet un temps-fort de la saison attendu par les différentes écuries. C’est aussi l’une des courses les plus populaires de la saison.

Pour l’Espagnol Fernando Alonso, « Singapour est un endroit incroyable pour une course, vraiment unique sur tous les plans, et c’est un privilège de prendre part à un tel spectacle de nuit en tant que pilote. C’est un Grand Prix que beaucoup de gens attendent avec impatience et je suis vraiment excité d’y retourner. »

La course se déroule d’abord en plein cœur de la ville, autour des lieux symboliques de la Cité-Etat tels que le Padang, le théâtre Victoria, la Cathédrale St Andrew, la grande roue du Singapore Flyer, l’Esplanade… En face du Marina Bay Sands. « Je peux me rendre à pied de l’hôtel au circuit et c’est plutôt pratique, a déclaré le pilote finlandais Valtteri Bottas. Pour les fans, rien de mieux : on peut voir la ville et la course cohabiter. »

Le Grand Prix de F1 « Singapore Airlines » a pour principale particularité d’avoir lieu la nuit. Environ 1.600 projecteurs éclairent la piste, ce serait quatre fois plus lumineux qu’un stade lors d’un match de football. Les pilotes prennent la ligne de départ à 20 heures, lorsque la moiteur tropicale se fait moins pesante.

 

Une épreuve physique

« La chaleur et l’humidité rendent la course difficile pour les pilotes et les mécanos dans les garages », a souligné Fernando Alonso, déjà double vainqueur de ce Grand Prix.

« Il y fait chaud! Et très humide! », a déclaré le pilote Daniel Ricciardo. « Je pense que c’est à cause de ces grands immeubles en centre-ville : la chaleur n’a nulle part où aller. C’est le défi le plus physique de l’année. C’est la seule course de la saison où on ouvre sa visière pour faire rentrer de l’air frais et où on le regrette immédiatement parce qu’il fait plus chaud dehors », a expliqué le coureur automobile australien. Avant d’ajouter, « dès le tour de chauffe, la bouteille d’eau fraîche a la température d’une tasse de thé. C’est un endroit dur pour une course, mais j’adore ce défi. Je pense que c’est le cas de la plupart des pilotes. »

Le circuit de Marina Bay est l’un des plus exigeants, avec ses 23 virages sur un tracé de 5 kilomètres, et l’un des plus longs avec 61 tours de piste à réaliser.

« Le tracé est vraiment impressionnant avec des portions techniques et des virages classiques pour un circuit urbain, à 90 degrés », a commenté le pilote français Romain Grosjean. « Il y a quelques lignes droites, mais nous n’avons pas le temps de nous ennuyer, virage après virage », a-t-il précisé.

La concentration est la clé. « Vous devez rester 100% concentré pendant deux heures entières, ce qui est plus difficile qu’il n’y paraît avec cette humidité de dingue !», a affirmé Lewis Hamilton. « La moindre petite erreur et vous êtes dans les barrières », a confié le vainqueur du Grand Prix l’année dernière.

 

Des horaires décalés

La préparation physique des pilotes est essentielle. « Les éléments clés sont le sommeil et l’hydratation », a estimé Romain Grosjean. « C’est une course où nous courrons à des horaires inhabituels. Une fois qu’on s’est habitué à se réveiller l’après-midi et à se coucher au petit matin, cela devient la routine », a déclaré le pilote français avant d’ajouter « j’espère que les rideaux de l’hôtel coupent bien la lumière! Sinon, ce n’est pas rare que je scotche des sacs poubelle noirs sur les fenêtres pour maintenir l’obscurité et me garantir de dormir! »

  

Un Grand Prix brumeux

Nocturne et urbain, le Grand Prix de Singapour pourrait aussi avoir à composer avec un épais nuage de pollution qui étouffe Singapour depuis plusieurs jours.

En 2014, ce même voile brumeux avait déjà contrarié légèrement le Grand Prix de F1 avec un indice PSI (Pollutant Standard Index) mesurant la qualité de l’air au cours des trois dernières heures qui était à 129 à l’heure même de la course.

Les organisateurs n’ont à ce jour pas prévu d’annuler l’événement mais continuent à « travailler en étroite collaboration avec toutes les autorités gouvernementales compétentes pour recevoir les meilleures prévisions possibles », ont-ils annoncé dans un communiqué publié cette semaine.

Pour cette 8ème édition, des masques de protection N95 seront en vente « à prix coûtant » à l’intérieur du circuit et les 24 postes de secours et médicaux ont été sensibilisés « pour gérer toutes les conditions liées à la situation ».

 

Façade du Centre d'Arts du Fort Canning ©Singapore Pinacothèque de Paris.

La Pinacothèque de Paris ouvre ses portes à Singapour

Façade du Centre d'Arts du Fort Canning ©Singapore Pinacothèque de Paris.

Façade du musée Singapore Pinacothèque de Paris, installé dans le Centre d’Arts du Fort Canning ©Singapore Pinacothèque de Paris.

« C’est une histoire d’amour, quand j’ai vu cet endroit il y a sept ans, je me suis dit que c’était vraiment là que devait être le musée », explique Marc Restellini, le directeur de la Pinacothèque de Paris au sujet de la nouvelle antenne du musée parisien qui a ouvert ses portes samedi dernier à Singapour.

Perchée sur les hauteurs du Fort Canning Hill, « Singapore Pinacothèque de Paris » renferme dans le bel écrin de son imposant bâtiment blanc de rares chefs d’œuvres.

« C’est historiquement le cœur de Singapour », précise l’historien de l’art, évoquant à cet endroit même l’installation des premiers princes de l’île puis l’établissement de la résidence de Stamford Raffles, le fondateur de Singapour. C’est aussi le lieu de la reddition des Anglais en 1942 contre les Japonais.

 

Un musée, trois galeries

Ce nouveau musée compte trois galeries. La première, gratuite d’accès, « Heritage Gallery », retrace le patrimoine de Singapour à travers des sculptures en pierre, des bijoux et d’autres œuvres d’art.

La seconde, « The Collections Gallery » également appelée « le cabinet des curiosités » regroupe une quarantaine de chefs d’œuvres jusque là très peu exposés et qui forment la collection permanente du musée. Modigliani, Rembrandt, Monet, Pollock, Rouault, Léger, Soutine… Les toiles des grands maîtres dialoguent étonnamment dans cette salle avec des pièces de l’art local tribal. Ce jeu de correspondances permet de faire le lien entre l’art d’Asie et l’art occidental.

Enfin la troisième, « The Features Gallery » est quant à elle dédiée aux expositions temporaires et accueille pour son premier vernissage « le mythe de Cléopâtre » jusqu’en octobre prochain. L’exposition déjà présentée à Paris l’année dernière, est consacrée « à la seule reine que tout le monde connaît encore aujourd’hui », explique Marc Restellini. « C’était très important de trouver un sujet qui soit fédérateur et qui ne nous enferme pas dans une image de musée qui fait des expositions uniquement avec des grands noms et des grands peintres », poursuit-il. L’exposition s’intéresse à l’archéologie, au cinéma, au théâtre et à la mode, de quoi satisfaire petits et grands.

 

De Paris à Singapour

Pour sa première antenne à l’étranger, la Pinacothèque de Paris a choisi Singapour. « L’idée de la Pinacothèque était qu’elle ait des extensions ailleurs », précise le fondateur de ce premier musée privé parisien qui a ouvert ses portes en 2007 au cœur de la capitale française. « L’Asie m’intéresse particulièrement, il y a évidemment d’autres endroits en Asie mais Singapour a une approche culturelle. C’est probablement le pays où il y a le plus de musées actuellement », poursuit Marc Restellini.

D’ici quelques mois, un nouveau musée -« National Gallery Singapore »- devrait aussi ouvrir ses portes à l’occasion du cinquantième anniversaire de la Cité-Etat. Une façon donc pour Singapour de renforcer sa place de hub artistique régional et international.

 

 

34 stars YouTube réunies ce week-end à Singapour à l’occasion du YouTube FanFest. ©Colombe Prins

Des stars YouTube montent sur scène à Singapour

34 stars YouTube réunies ce week-end à Singapour à l’occasion du YouTube FanFest. ©Colombe Prins

34 stars YouTube réunies ce week-end à Singapour à l’occasion du YouTube FanFest. ©Colombe Prins

Kurt Hugo Schneider, Tiffany Alvord, Lindy Tsang ou Wong Fu Productions… Ces noms vous sont sans doute inconnus et pourtant plusieurs millions de personnes suivent déjà ces célébrités sur leur chaîne YouTube. Ces stars du web venues du monde entier sont réunies ce week-end à Singapour à l’occasion du YouTube FanFest. L’événement créé en 2013 dans la Cité-Etat permet notamment aux fans de rencontrer leurs idoles issues de la célèbre plateforme de partage de vidéos, et qui sont sur scène pour l’occasion.

« Rencontrer mes fans c’est ce que je préfère et c’est ce qui rend YouTube réel », explique Tiffany Alvord, une jeune chanteuse américaine qui compte plus de 2,5 millions d’abonnés sur sa chaîne éponyme. Et d’ajouter « on peut se réjouir du nombre de vues sur notre chaîne mais quand on voit nos fans en vrai, ça rend tout cela réel. Les fans font partie de la communauté YouTube, sans eux nous ne serions pas là. Mes fans sont mes amis et je suis assez proche d’eux. Je twitte avec eux, je les enlasse quand je les vois et j’accepte toujours de prendre des selfies avec eux », conclut-elle.

 

Une communauté de créateurs de contenus

L’édition 2015 a lieu au Scape, un espace branché et dédié à la jeunesse, situé près d’Orchard. Cette année, 34 YouTubers sont présents parmi lesquels des stars venues des Etats-Unis, d’Inde, de Malaisie, d’Indonésie mais aussi des stars locales singapouriennes telles que Wah Banana, Dee Kosh ou le duo Munah et Hirzi.

Pour ces célébrités, c’est donc l’occasion de se rencontrer entre eux. « C’est toujours très excitant de rencontrer les autres créateurs de contenus lors d’évènements comme celui-ci », explique Hirzi. « On échange beaucoup entre nous et des amitiés se créent », précise Munah pour qui « tout cela va donc au-delà de YouTube ».

Depuis deux ans, le YouTube FanFest a déjà conquis d’autres pays et se déroule aussi au Canada, au Japon, en Corée, en Australie, en Inde et en Thaïlande. Pour Jasper Donat, l’organisateur de l’événement, le YouTube FanFest 2015 vise à « inspirer une nouvelle génération de créateurs de contenus ». C’est d’ailleurs pour cela que des ateliers sont organisés tout au long du week-end afin d’aider les créateurs en herbe à se lancer en ligne.

 

Ariane Nabarro est guide francophone à Singapour. ©Colombe de l'Epine.

La Cité-Etat vue par une française qui habite à Singapour depuis plusieurs années

Ariane Nabarro est guide francophone à Singapour. ©Colombe de l'Epine.

Ariane Nabarro est guide touristique à Singapour. ©Colombe de l’Epine

 

Ariane Nabarro est installée à Singapour depuis 17 ans et nous confie la vision qu’elle a de ce pays. 

Quel regard portez-vous sur Singapour ?

C’est l’évolution de ce pays en 50 ans qui me touche. J’ai vu grandir ce pays qui est en perpétuelle mutation et soit on se met dans la mouvance, soit on reste en dehors. Le gouvernement avance et il avance vite. A partir du moment où il veut lancer un projet, il met tout en œuvre pour que cela réussisse et que la population l’accepte en s’appuyant sur les moyens de communication, la presse locale, les réseaux sociaux…

Les Singapouriens ont une capacité à s’adapter, à se remettre en question et à repérer ce qui se fait de bien chez les autres pour le refaire en mieux. Par exemple, l’île de Semakau qui sert à récupérer les cendres de nos ordures. Ils se sont notamment inspirés des Japonais pour concevoir l’île, construite à partir de deux petits îlots réunis grâce à l’enfouissement des déchets incinérés à Singapour et dont les cendres sont transportées par des barges électriques puis disposées en parcelles sur l’île. Mais le plus étonnant, c’est que la faune et la flore ont fait leur apparition avec des crustacés, des poissons, des algues dans la mer et il y a aussi des oiseaux qui viennent se poser dans ce havre de paix.

Les Singapouriens m’impressionnent aussi à concevoir des lieux où l’utile et l’agréable sont maximisés comme à Marina Bay.

Ils sont des champions de la reconversion. Par exemple, l’ancienne Cour Suprême –que j’ai connue en activité- et le City Hall vont bientôt devenir la National Art Gallery. Les bâtiments et les lieux ne disparaissent plus autant qu’avant. Le gouvernement a changé de politique. Il fut un temps où il détruisait pour rebâtir. Maintenant, il conserve certains monuments à condition que ces bâtiments puissent être utiles à une autre destination.

Je suis complètement portée par ce pays et je le porte aussi. Après avoir été guide bénévole dans les musées, pour les Friends of Museum, pendant plus de 15 ans, je suis devenue guide touristique agréée par le STB, Singapore Tourism Board, l’organisme national du tourisme. Je « vends » Singapour à qui veut m’entendre!

 

Qu’est-ce qui vous plaît à Singapour ?

En arrivant, j’ai été tout de suite très sensible aux différentes tonalités de vert qui existent à Singapour. La verdure est omniprésente. Il y en a même sur les murs et les balcons aujourd’hui. C’est incroyable de voir l’abondance de cette nature dans un si petit pays.

En terme d’honnêteté et de sécurité, Singapour est un pays hors-norme. En débarquant de l’avion en 1997, j’ai d’abord oublié ma caméra sur le comptoir de l’immigration à l’aéroport, lorsque je m’en suis rendue compte le soir, j’ai appelé et je l’ai retrouvée. Le lendemain, j’ai laissé mon sac à main dans les rayons d’un magasin, une heure après il était encore là. Il faut préciser que c’était ma toute première expatriation, que j’étais « bien enceinte » et que je ne savais pas ce qui m’attendait dans ce pays tout nouveau. Ici, je ne me méfie pas des gens, ils sont gentils. Je ne pense pas au danger et je n’ai pas peur que l’on me vole mon portefeuille ou mon sac.

Après tant d’années passées à Singapour, j’ai beaucoup de tendresse pour ce pays même si évidemment certaines choses m’agacent comme leur conduite. Ils ne sont pas sûrs d’eux mais roulent très vite malgré tout et ils ne sont pas capables de rester dans leur file. Le Singapourien a besoin d’au moins deux files pour conduire. Le pays est aussi très tourné vers l’argent. Ils boursicotent même dans les hawkers centers (lieu de restauration locale située en extérieur, ndlr). Et beaucoup de choses sont basées sur l’argent.

 

Qu’avez-vous appris à Singapour ?

Quand on s’est mis en tête qu’on vit dans un pays qui n’a que 50 ans, je trouve que l’on devient beaucoup plus tolérant car on n’a pas le même passé.

C’est un pays d’immigration. Tout a l’air très international mais c’est un vernis car chacun a amené sa culture et la garde. Ce qui est impressionnant dans ce pays, c’est qu’il y beaucoup de cultures et de religions différentes mais la population cohabite en harmonie : les personnes ne sont peut-être pas toujours sur la même longueur d’onde, mais elles se respectent.

Je trouve cela formidable d’essayer de se mettre à l’unisson et de vivre à l’heure singapourienne. Pour Deepavali, je sors les lumières et les bougies pour décorer ma maison, pour Chinese New Year, j’accroche les lanternes chinoises et je transforme tout en rouge et or…Il n’y a pas de saisons ici, ce sont donc les fêtes religieuses qui rythment ma vie. J’ai acquis une grande ouverture d’esprit à Singapour, j’ai des amies du monde entier et de toutes les religions dont j’aime la compagnie; j’apprends quotidiennement.

 

Décès de Lee Kuan Yew: retour sur une semaine de deuil national

Les obsèques de Lee Kuan Yew ont eu lieu dimanche dernier.

Malgré la pluie, plus de 100.000 personnes sont venues dans les rues, saluer une dernière fois la mémoire du père fondateur de la Cité-Etat. Le cortège funéraire a parcouru une quinzaine de kilomètres à travers la ville, avant de se rendre sur les lieux de la cérémonie, situés au Centre Culturel Universitaire dans l’enceinte de l’Université Nationale de Singapour. Tout le long, les drapeaux nationaux accrochés aux barrières de sécurité, ont balisé le parcours.

Le convoi est passé devant plusieurs bâtiments historiques et symboliques de l’ère Lee Kuan Yew : comme devant le vieux Parlement où il a été élu député en 1955, le City Hall d’où il a publié la déclaration d’indépendance de Singapour, le Padang où a eu lieu la première parade nationale le 9 août 1966 ou encore devant de nombreux immeubles HDB (Housing and Development Board) dont la construction a été l’une des premières mesures phares mises en place, permettant aux Singapouriens de devenir propriétaires de leur logement.

L’instant solennel a été notamment marqué par les 21 coups de canon tirés et par le survol de 4 avions F-16 de la Black Knights, la patrouille acrobatique de la force aérienne de Singapour, en hommage à l’ancien Premier ministre.

A l’approche du cortège, la foule a scandé le nom de Lee Kuan Yew et beaucoup ont été pris d’émotion. Les adieux à celui qui a dirigé le pays pendant plus de trente ans semblent difficiles.

Durant la semaine de deuil national qui a précédé les funérailles, les Singapouriens n’ont cessé de multiplier les marques de respect et de reconnaissance à l’égard de l’ancien dirigeant décédé à l’âge de 91 ans. Fleurs, dessins, portraits ou cartes à l’attention de Lee Kuan Yew, les gestes de gratitude n’ont pas manqué, pour remercier celui qui a construit et pensé le Singapour moderne. Environ 1,5 million de personnes sont ainsi venues lui rendre hommage, devant sa dépouille présentée au Parlement ou dans les 18 « community clubs » répartis un peu partout sur l’île.

Retour donc en images sur une semaine de deuil national.