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Kyra Poh, la déesse des airs

La jeune singapourienne, Kyra Poh, veut faire aimer et découvrir son sport, la chute libre en salle. Avec l'aimable autorisation de Kyra Poh et le copyright de Team Firefly.

La jeune singapourienne, Kyra Poh, veut faire aimer et découvrir son sport, la chute libre en salle. Avec l’aimable autorisation de Kyra Poh et le copyright de Team Firefly.

Kyra Poh vole et virevolte à nous faire tourner la tête. Elle, pourtant, est à peine étourdie. Comme une plume tournoie dans les airs, cette jeune singapourienne vêtue d’une combinaison blanche, enchaine les figures acrobatiques contre des vents de plus de 300km/heure dans la soufflerie de Sentosa –iFly, unique à Singapour.

A seulement 16 ans, Kyra Poh est déjà plusieurs fois championne de chute libre en salle. En 2016 en Pologne puis en 2017 au Canada, elle arrive en tête de sa catégorie Junior lors de la Coupe du Monde de chute libre en salle. Elle s’impose aussi deux années de suite en Espagne en raflant deux médailles d’or aux WindGames de 2017 puis de 2018.

Kyra Poh est également détentrice de plusieurs records inscrits dans le célèbre Guinness des Records dont celui du plus grand nombre de galipettes arrières réalisées, soit 68 en une minute, dans le tunnel de la soufflerie verticale de iFly, et ce en 2013.

 

Une passion familiale

« J’ai passé la moitié de ma vie à voler », raconte la jeune singapourienne. Mais c’est par hasard que tout a commencé il y a 8 ans. A l’époque, sa mère s’occupe de faire la publicité pour iFly et cherche à filmer des personnes en train de voler en salle. Elle amène donc Kyra sur le tournage avec une autre fillette, devenue sa coéquipière aujourd’hui.

Depuis, la chute libre en salle est devenue une passion pour Kyra Poh et un mode de vie pour toute la famille. L’athlète s’entraîne plusieurs fois par semaine voire tous les jours en période de compétition, une fois sa journée de cours terminée à l’école « School of the Arts » (SOTA). Sa mère entrepreneuse est aussi devenue son entraineuse. « Elle ne sait pas voler mais comme elle m’a vu m’entraîner pendant toutes ces années, elle sait comment je peux m’améliorer et m’aide quotidiennement », ajoute Kyra Poh. Son père aussi très présent, assiste régulièrement aux entrainements auxquels participe désormais la petite sœur de Kyra, âgée de 8 ans.

 

 

Mais pour son propre entraînement, Kyra Poh doit s’étirer tous les jours car dit-elle, elle n’est pas « très flexible ». Un entraineur européen vient aussi quatre fois par an pour conseiller les 5 jeunes qui s’adonnent à cette activité à Singapour : Kyra Poh, sa sœur, sa co-équipière, et deux autres enfants de 8 et 10 ans. Pour la préparation de ses chorégraphies, la sportive s’inspire de la danse, de la gymnastique et du patinage artistique. « Je regarde beaucoup de vidéos et ensuite je fais des essais dans la soufflerie », explique Kyra Poh. « Ce qui est drôle c’est que hors du tunnel, je ne peux pas danser. C’est juste à l’intérieur de la soufflerie que j’arrive à danser, à flotter et à être gracieuse, en dehors pas vraiment », rigole-t-elle.

 

Vers Paris 2024…

Jeune, Kyra Poh rêvait d’être astronaute pour pouvoir voler et flotter dans les airs. Aujourd’hui, son rêve est de faire connaître la chute libre en salle et de voir ce sport entrer en compétition aux Jeux Olympiques de 2024, à Paris. Alors l’athlète s’est mise à apprendre le français, une langue qu’elle aime beaucoup et envisage même d’étudier en France éventuellement. En juin dernier, la jeune Singapourienne a d’ailleurs visité la capitale française avant de se rendre en Norvège pour y suivre son premier stage de saut en parachute. Le cadeau de ses 16 ans. Mais ce voyage qu’elle attendait depuis si longtemps a failli tourner au drame. Kyra Poh s’est cassée une côte lors d’un atterrissage difficile. Heureusement, la championne est déjà sur pied et se prépare à la Coupe du Monde de chute libre en salle qui a lieu à Bahreïn en Octobre prochain et pour laquelle elle figurera pour la première fois dans la catégorie adulte.

 

Irene Ong est la femme qui se cache derrière les pâtisseries Peranakan du restaurant True Blue.

Irene Ong, la discrète Nyonya des « Pineapple Tarts »

Irene Ong est la femme qui se cache derrière les pâtisseries Peranakan du restaurant True Blue. ©St Francis Enterprise

Irene Ong est la femme qui se cache derrière les pâtisseries Peranakan du restaurant True Blue. ©St Francis Enterprise

C’est dans sa cuisine, chez elle, à l’abri des regards indiscrets qu’Irene Ong prépare ses tartelettes à l’ananas. Elle préfère cuisiner seule et loin de l’effervescence du restaurant pour lequel elle travaille, True Blue, situé sur Armenian Street. Une façon pour elle de conserver sa précieuse recette qu’elle tient de ses grandes-grandes tantes et qu’elle a depuis améliorée au point d’en avoir deux pour contenter tout le monde.

La première recette typiquement Peranakan (la culture Peranakan provient du mariage de la culture chinoise et de la culture malaise) est croustillante avec des croisillons qui ornent le dessus de la mignardise. C’est celle-ci qui figure sur la carte des desserts du restaurant. La seconde plus moelleuse, et donc plus riche en beurre est préparée uniquement en vue des célébrations du Nouvel An chinois. Alors chaque année, durant le mois qui précède les festivités, Irene Ong s’affère en cuisine dès 5 heures du matin –et jusqu’à 22 heures- pour confectionner sans relâche chacune de ses 6.000 tartelettes à l’ananas, faites à la main et vendues –la plupart sur commande- à True Blue Space, le café attenant au restaurant Peranakan du même nom.

Pour le blogueur et critique gastronomique singapourien Seth Lui, les « Pineapple tarts » de True Blue figurent en tête de son classement des meilleures tartelettes à l’ananas de Singapour. « Les tartelettes à l’ananas (…) sont minces, larges et moelleuses. En plus de cela, la confiture d’ananas est dense et dégage une saveur douce et forte. La croûte qui s’effrite doucement avec la confiture d’ananas donne un goût légèrement contrasté qui fait ressortir l’essence de la délicatesse », peut-on lire sur le site Internet www.sethlui.com.

Et c’est en effet avec beaucoup de délicatesse que Nyonya Irene – c’est ainsi que l’on appelle les femmes Peranakan– s’adonne à ce qui est devenue sa passion. « J’ai grandi avec ma grand-mère et ses deux sœurs, elles faisaient souvent de la pâtisserie donc j’ai appris grâce à elles », explique Irene Ong. Et de poursuivre, « quand j’avais une vingtaine d’années, j’ai commencé à préparer mes tartelettes à l’ananas et à faire mes propres ajustements. Au moment du Nouvel An chinois, je les vendais à mes collègues de bureau qui étaient ravis d’avoir des gâteaux pas chers. »

Depuis, Irene Ong continue de décorer soigneusement chaque tartelette une à une et de préparer elle-même sa confiture à l’odeur si parfumée. Elle coupe, presse et écrase près d’une centaine d’ananas avant d’y ajouter notamment de la cannelle et des clous de girofle. Vêtue d’un kebaya, la tenue brodée traditionnelle Peranakan, la Singapourienne de 63 ans a le sens du travail et du détail.

Les tartelettes à l'ananas, un savoir-faire gardé secret par Irene Ong. ©St Francis Enterprise

Les tartelettes à l’ananas, un savoir-faire gardé secret par Irene Ong. ©St Francis Enterprise

Ce n’est pas tant sa recette mais son savoir-faire et son procédé minutieux qui sont un secret. « Les gens veulent m’aider mais je sais qu’ils veulent juste ma recette. Moi, je veux la garder au sein de ma famille, confie-t-elle. Je n’ai pas de fille, je n’ai qu’un fils alors on me demande ce que je vais en faire de ma recette mais je réponds que je dois y réfléchir. Quand je serai plus âgée, peut-être que je la donnerai à ma belle-fille ou à mes nièces… », s’amuse-t-elle. Outre les tartelettes à l’ananas, Irene Ong confectionne également d’autres pâtisseries traditionnelles Peranakan telles que les Kueh Bangkek (cookies de tapioca à la noix de coco) ou le Sugee Cake (gâteau à base de semoule)…

Une fois passées les fêtes du Nouvel An chinois, la cousine du Chef du restaurant True Blue, Benjamin Seck, se consacrera à son autre passion : la scène. Nyonya Irene est aussi actrice sur les planches et devant la caméra.

 

 

Istana, le palais présidentiel de Singapour. ©Colombe Prins

Halimah Yacob, la première femme Présidente de Singapour

Istana, le palais présidentiel de Singapour. ©Colombe Prins

Istana, le palais présidentiel de Singapour. ©Colombe Prins

A 63 ans, Halimah Yacob devient Présidente de Singapour pour un mandat de six ans.

En prêtant serment aujourd’hui à l’Istana, Halimah Yacob est devenue la première femme Présidente de Singapour et la huitième personne à occuper cette plus haute fonction depuis l’indépendance du pays en 1965.

La nouvelle dirigeante est d’origine malaise, comme l’était également le premier Président de la Cité-Etat, Encik Yusof bin Ishak.

Avocate de formation, Halimah Yacob a mené une carrière syndicale pendant plus de trente ans en travaillant pour le Congrès National des Syndicats (« National Trades Union Congress », NTUC).

En 2001, cette mère de cinq enfants s’engage en politique et fait son entrée au Parlement. Elle conserve son siège de député aux élections de 2006, 2011 et 2015. Halimah Yacob est par la suite nommée Ministre d’Etat en charge du Développement communautaire, de la Jeunesse et des Sports avant de devenir la première femme Présidente du Parlement de 2013 à 2017.

En août dernier, Halimah Yacob démissionne de ses responsabilités pour s’engager pleinement dans la campagne présidentielle. Il y a quelques jours, elle est finalement la seule candidate à obtenir son certificat d’éligibilité, devenant ainsi la première femme Présidente de Singapour.

La nouvelle dirigeante a annoncé ne pas souhaiter s’installer à l’Istana pendant son mandat, préférant continuer à vivre dans son appartement familial à Yishun.

 

 

 

 

Le chef Justin Quek © Justin Quek Martell

Justin Quek, le plus français des chefs singapouriens

Le chef Justin Quek © Justin Quek Martell

Le chef Justin Quek, à la tête du restaurant Sky on 57 © Justin Quek – Martell

Justin Quek aime mélanger les genres et c’est avec audace qu’il travaille les saveurs asiatiques avec les techniques culinaires françaises. Depuis 2010, le chef singapourien reconnu dans toute l’Asie dirige le restaurant Sky on 57 situé au dernier étage du Marina Bay Sands. L’établissement réputé pour sa vue panoramique est une grosse machine de 45 cuisiniers qui sert près de 600 couverts chaque jour. Mais avant d’avoir la tête dans les nuages au 57ème étage du plus célèbre hôtel de Singapour, c’est dans les calles de bateaux, trente ans plus tôt que le jeune Justin Quek a fait ses débuts en cuisine.

Lui qui a grandi dans le quartier de Queen Street où ses parents ont un étal de fruits, a des envies d’ailleurs. Alors après son service militaire, le jeune homme issu d’une famille nombreuse postule comme steward à bord d’un gros bateau de commerce. Derrière les fourneaux, il apprend à préparer des pâtisseries ainsi que quelques plats chinois. A chaque escale, il en profite aussi pour découvrir les spécialités locales : les pizzas en Italie, les tortillas au Mexique et le tofu en Chine.

 

Un détour par la France

De retour à Singapour, Justin Quek, 23 ans et les cheveux longs, est embauché par l’Oriental Hotel qui lui finance également une formation culinaire. Après une expérience à Bangkok, l’apprenti cuisinier rejoint à Singapour le restaurant Fourchettes dirigé par Bertrand Langlet. Ce chef français qui sera l’un de ses mentors lui conseille d’aller travailler en France, alors pendant près d’un an, Justin Quek prend des cours de français à l’Alliance Française. A 29 ans, le Singapourien qui vient de dépenser toutes ses économies pour financer son voyage, arrive à Paris, plein d’énergie et prêt à tout apprendre. De cette formation aux côtés de grands chefs cuisiniers français tels que Christian Constant, Jean Bardet et Roland Mazère, le jeune Justin Quek s’imprègne de leurs techniques culinaires mais retient surtout l’importance d’utiliser des bons produits, de saison. Il découvre la Vallée de la Loire et le canard de Challans, le Périgord et la truffe.

Sa carte de séjour arrivant à expiration, il retrouve sa Cité-Etat et devient le premier chef cuisinier asiatique de l’Ambassade de France à Singapour.

 

Une notoriété asiatique

Justin Quek se lance ensuite dans une nouvelle aventure et ouvre en 1994 avec un ami leur premier restaurant dénommé Les Amis à juste titre. C’est ensuite à Taipei et à Shanghai que Justin Quek lance deux nouveaux établissements La Petite Cuisine et Le Platane. Depuis près de 6 ans, il est à la tête du Sky on 57, restaurant moderne et sophistiqué dont l’emplacement lui confère une grande notoriété. Justin Quek vient également de lancer une gamme de sauces aux saveurs asiatiques sous la marque JQ.

Celui qu’on surnomme en cuisine le « Typhon » est à la fois strict et généreux dans sa façon de transmettre son savoir-faire. Et c’est avec fierté qu’il prépare pendant plus de 20 ans le dîner d’anniversaire de l’ancien Premier ministre Lee Kuan Yew.

 

La chanteuse singapourienne Bevlyn Khoo. ©Bevlyn Khoo

Bevlyn Khoo, la plus francophile des chanteuses singapouriennes

La chanteuse singapourienne Bevlyn Khoo. ©Bevlyn Khoo

La chanteuse singapourienne Bevlyn Khoo. ©Bevlyn Khoo

Avec sa voix suave, sa chevelure auburn et son large sourire, Bevlyn Khoo est un petit bout de femme pétillante et très occupée.

C’est elle qui a composé et interprété la musique de la série télévisée « Jump Class » sortie en avril dernier sur la chaîne cablée de Starhub E City. La chanteuse en a d’ailleurs fait un album intitulé « Change the world » qu’elle a produit avec son propre label StoryTeller Wave créé en 2013. Mais avant d’être productrice, Bevlyn Khoo est surtout une artiste, auteur-compositeur-interprète de musique jazz et pop.

Elle joue aussi bien du ukulélé que du piano. Dès l’âge de 4 ans, elle commence à faire ses premières notes sur le piano de son oncle. Ses parents et ses proches sont des amoureux de musique. Pourtant Bevlyn Khoo choisit de suivre des études de psychologie à l’Université nationale de Singapour (NUS) et devient conseillère auprès des jeunes dans un centre de services familiaux du Rotary. Mais après un an et demi en tant que conseillère, « je me sentais déprimée, je pleurais derrière mes lunettes, dans le bus en rentrant du travail, je ramenais les problèmes à la maison », confie la jeune Singapourienne qui a donc décidé de démissionner pour se consacrer à la musique, sa passion

 

Une artiste indépendante…

En 2002, elle crée avec des amis « A Little Dream » une agence chargée d’organiser –encore aujourd’hui- l’animation musicale d’événements tels que des mariages, etc… pour lesquels Bevlyn Khoo chante régulièrement à l’époque. « Les premières années ont été assez difficiles mais je n’ai pas de regrets », confie la chanteuse. « J’écrivais des chansons et je faisais des démos », ajoute-t-elle. Dans ces années-là, Bevlyn Khoo est l’une des rares artistes indépendantes de la scène singapourienne.

En 2008, elle sort son premier album « Lonely Afternoon » qui remporte l’année suivante le prix du meilleur album indépendant au Singapore Entertainment Awards. Le succès de son disque lui ouvre les portes d’un label japonais avec lequel elle va sortir plusieurs albums avant de reprendre son statut d’artiste indépendant. « Lonely Afternoon » révèle aussi ses talents d’artiste polyglotte. Les six titres que compte l’album sont en mandarin, en anglais et en français, avec la reprise de « La Vie en Rose » d’Edith Piaf. Bevlyn Khoo chante aussi en japonais, et son don pour les langues est sa marque de fabrique.

…et francophile

Après avoir suivi pendant cinq ans des cours de français, l’artiste sort en 2010 « Bistro Affair » un album de jazz en français qui met à l’honneur les grands noms de la chanson française tels que Charles Aznavour, Yves Montand ou Sacha Distel… Le disque est un réel succès en Malaisie, à Hong-Kong et à Taiwan.

Bevlyn Khoo est d’ailleurs la seule chanteuse singapourienne à avoir fait tout un disque en français. « J’aime beaucoup le français mais c’est une langue très difficile que je ne pratique plus », explique la chanteuse qui aime écouter Camille et Ben l’Oncle Soul.

En 2013, elle écrit et interprète « Beautiful Purpose » lors de la cérémonie de Miss Monde organisée à Singapour.

Au total, c’est plus d’une centaine de chansons que Bevlyn Khoo a composées puis écrites sur des thèmes qui lui sont chers : des histoires d’amitié, d’amour, des expériences vécues.

Désormais, Bevlyn Khoo veut s’orienter vers la production de musique de films. C’est ce qui la rend heureuse.

Pour en savoir plus sur l’artiste:

http://www.bevlynkhoo.com

L'architecte d'intérieur, Isabelle Miaja vient d'ouvrir sa galerie d'art à Singapour.  ©Miaja Design Group

Isabelle Miaja, de l’architecture d’intérieur à l’art et vice versa

L'architecte d'intérieur, Isabelle Miaja vient d'ouvrir sa galerie d'art à Singapour.  ©Miaja Design Group

L’architecte d’intérieur, Isabelle Miaja vient d’ouvrir sa galerie d’art à Singapour. ©Miaja Design Group

C’est dans une ancienne shophouse, entièrement rénovée et modernisée, située sur Bukit Timah Road que Isabelle Miaja a choisi d’installer les nouveaux bureaux de son agence d’architecture d’intérieur mais surtout sa galerie d’art qui a ouvert ses portes la semaine dernière, en présence de l’Ambassadeur de France à Singapour, Benjamin Dubertret. Miaja Gallery est une galerie intimiste qui met en avant les œuvres de peintres, de sculpteurs et de designers, français et asiatiques. Une façon de renforcer le lien culturel entre l’Europe et l’Asie.

Pour cette franco-espagnole –précisément– installée à Singapour depuis plus de 20 ans, il s’agit d’une évolution dans sa carrière d’architecte d’intérieur. Désormais, Isabelle Miaja entend placer l’œuvre, la pièce unique d’art au centre de sa création architecturale et utiliser cette galerie comme un appui pour son agence Miaja Design. « Mes idées partent d’une pièce d’art et après cela explose en projet architectural », confie-t-elle avant d’ajouter que « la pièce d’art est le commencement d’une histoire ». D’ailleurs, elle raconte par exemple que le point de départ d’un projet d’hôtel construit aux Maldives était un bijou fait de diamants et d’ammonites.

Alors, Isabelle Miaja voyage beaucoup pour dénicher de nouveaux artistes, débusquer des œuvres uniques et découvrir les futures tendances. Elle ne s’arrête jamais. Une énergie débordante l’anime et les idées ne cessent de fourmiller. Son credo : « Be on top ! » (« Sois au top ! »). Et « En 25 ans de carrière, on ne m’a jamais révisé une présentation », raconte l’architecte d’intérieur.

Isabelle Miaja a conçu de prestigieux établissements hôteliers en Asie et au Moyen-Orient, tels que le Pullman Central Park de Jakarta, le Sofitel Hotel de Bombay ou encore le Desert Palm de Dubaï. Elle a aussi façonné l’hôtel Sofitel So de Singapour dans les moindres détails, des meubles de bar aux tableaux accrochés aux murs des chambres.

Au fil des années, la Française a acquis une certaine reconnaissance internationale et signe désormais d’un grand M arrondi ses créations. Miaja Design Group dont le siège est basé à Singapour, avec des bureaux aux Philippines et en Birmanie, compte un peu moins de 200 personnes. Le style Miaja est coloré et chaleureux. La designer n’aime pas le minimalisme.

 

Une reconnaissance internationale

Après des études de sociologie et de langues, c’est à Los Angeles que la jeune femme de 22 ans à l’époque décide de s’installer pour étudier les arts appliqués. Une fois diplômée, Isabelle Miaja ouvre son cabinet d’architecture d’intérieur. La Parisienne, séduite par le rêve américain travaille pendant dix ans en Californie pour de grandes agences de design avant de s’installer à Singapour en 1994.

Son père est joaillier, son grand-oncle est le poète espagnol Federico Garcia Lorca. Isabelle Miaja est elle aussi artiste: elle vient de lancer sa propre collection de coussins et de sets de table flanqués de détails urbains propres à Singapour.

Elle apprécie la poésie et l’histoire. Parfois, elle mêle les deux en écrivant notamment des poèmes sur Napoléon Bonaparte qu’elle envoie à chacun de ses trois enfants.

Déterminée, Isabelle Miaja poursuit ses rêves de jeunesse listés un jour sur une feuille lorsqu’elle avait une vingtaine d’années. Avant Noël, elle pourra cocher la case « créer mon propre thé ». D’ailleurs, elle devrait bientôt se consacrer à l’assemblage des arômes mais elle sait déjà que son thé –à son nom– dégagera quelques notes de « feuilles mouillées ».

Sur cette liste aux souhaits les plus fous, figurait déjà l’envie d’ouvrir sa galerie d’art. Isabelle Miaja est comblée, elle vient de réaliser son rêve.

 

Amélie Recroix est la fondatrice de French Studio et Spanish Studio, deux écoles de langues installées à East Coast.

Amélie Recroix, la Française qui se cache derrière French Studio

Amélie Recroix est la fondatrice de French Studio et Spanish Studio, deux écoles de langues installées à East Coast.

Amélie Recroix est la fondatrice de French Studio et Spanish Studio, deux écoles de langues installées à East Coast. ©Amélie Recroix

 

Elle n’était venue que pour 6 mois à Singapour, elle y réside désormais depuis 6 ans. Elle voulait profiter de son séjour dans la Cité-Etat pour apprendre l’anglais, elle a finalement ouvert sa propre école de langues à East Coast.

En 2009, Amélie Recroix suit son amoureux envoyé par une société française à Singapour pour ce qui devait être à l’origine une courte mission.

A 23 ans, la jeune femme originaire de Metz compte bien savourer ces instants en Asie avant de retrouver sa vie d’avant. Elle vient de terminer ses études d’optique-optométrie.

 

Des cours d’anglais aux cours de français

Au fil des mois, la mission de son compagnon –devenu son mari depuis- se prolonge, s’éternise. Et lorsque Amélie Recroix comprend qu’elle ne rentrera pas en France, elle préfère commencer une nouvelle vie. Ne pouvant exercer à Singapour dans le domaine paramédical, son domaine de prédilection, elle choisit de reprendre ses études et s’oriente vers une formation qui lui permettrait de travailler partout dans le monde. Elle prend donc des cours par correspondance de français langue étrangère (FLE) pour enseigner sa langue maternelle.

En 2011, Amélie Recroix crée French Studio et donne à domicile une vingtaine de cours de français par semaine. Ses premiers clients sont des Singapouriens, des Indiens et même des Français scolarisés dans des écoles internationales. Grâce au bouche-à-oreille, sa structure se développe et dès 2012, la jeune prof décide d’embaucher d’autres enseignants et de louer des locaux pour y installer des salles de classe. Aujourd’hui, French Studio se situe dans une jolie petite shophouse de Joo Chiat Road, à l’est de Singapour et compte 15 professeurs et 400 étudiants par mois. En décembre 2014, une deuxième structure a ouvert : Spanish Studio est né.

 

Son école, sa vie

Amélie Recroix se dédie entièrement à son école, son projet, son bébé en quelque sorte. « Je connais à 80% les prénoms des élèves et les raisons pour lesquelles ils veulent apprendre le français ou l’espagnol », raconte-t-elle .

Travailleuse, la directrice d’école ne prend qu’une dizaine de jours de vacances par an depuis 4 ans. « Mon téléphone ne me quitte jamais », explique-t-elle. « Je n’ai plus le temps d’enseigner, je ne fais que des remplacements car je m’occupe de tout le reste : l’administratif, le marketing, le recrutement, l’animation des sites Internet, la recherche de nouveaux clients… », poursuit la chef d’entreprise.

Perfectionniste, Amélie Recroix n’a pas hésité à demander la certification de son établissement par le Ministère de l’Education qu’elle a obtenue en 2013, au prix de lourds efforts, au terme d’un long processus. « Nous avons été plusieurs fois inspectés, nous avons du traduire en anglais tous les cours de français afin que les inspecteurs les étudient et nous avons même du repousser un des murs de l’école de 10 cm afin d’être aux normes, mais cette certification était importante pour moi, c’est un gage de qualité », précise-t-elle.

Généreuse, Amélie Recroix veut faire connaître la culture française à ses étudiants, à travers les cours mais aussi via des événements qu’elle organise toute l’année dans différents restaurants français de Singapour.

 

Une femme de l’Est

« L’optique me paraît loin mais ne me manque pas», confie la jeune française qui ne regrette pas sa nouvelle vie. « Cela demande beaucoup de temps et de sacrifices mais je suis contente de me lever tous les matins pour aller travailler », raconte-t-elle.

Amélie Recroix vit et travaille à East Coast, « un quartier sympa » qu’elle apprécie et qu’elle ne se verrait pas quitter.

« Singapour, avec sa diversité culturelle, me correspond plus que l’Europe », avoue-t-elle avant d’ajouter qu’« il est plus simple de créer une entreprise dans la Cité-Etat qu’en France ». Mais pour Amélie Recroix, « ce n’est pas pour autant facile tous les jours d’être loin de (s)a famille ». L’éloignement est pesant. « C’est la règle du jeu, on le savait », conclut-elle.

 

 

Pour en savoir plus :

http://www.frenchstudio.sg

http://www.spanishstudio.sg 

 

Ernest Zacharevic en Norvège en 2013.

L’artiste Ernest Zacharevic fait le mur

Ernest Zacharevic en Norvège en 2013.

Ernest Zacharevic en Norvège en 2013. ©Ernest Zacharevic

Sur les photos, il s’amuse à se cacher avec son pinceau ou à se mettre dos à l’objectif. Ernest Zacharevic préfère rester discret compte tenu de « la nature de ce qu’il fait » , explique son agent. Ce jeune Lituanien de 28 ans est « artiste-graff ». Ses oeuvres sont peintes sur les murs de plusieurs grandes villes du monde comme Bruxelles, Barcelone, Vilnius, Atlanta…

Le Wall Street Journal le présentait déjà il y a trois ans comme étant le « nouveau Banksy », un célèbre graffeur anglais dont on ne connaît même pas l’identité. A croire que la discrétion est une qualité requise pour ce métier d’artiste de rues.

 

De la Lituanie à la Malaisie

Né à Vilnius, Ernest Zacharevic a étudié les beaux-arts à Londres et vit aujourd’hui sur l’île de Penang en Malaisie. « J’avais juste l’intention d’y rester un petit moment mais la dernière chose que je sais c’est que cela fait déjà quatre ans et je me sens toujours aussi bien », explique-t-il.

Le jeune homme y a installé son studio où il prépare en amont chacune de ses œuvres, à l’aide de photos par exemple, afin de passer le moins de temps possible dans la rue.

Il se consacre pleinement à son art qu’il décrit comme « public » et ce qui lui plait c’est que ses œuvres peuvent être vues par tous les passants et ne sont pas confinées dans une galerie. « Je pense qu’une grande peinture murale peut définitivement améliorer l’apparence d’une ville », confie-t-il.

 

Son art de rue

A ses fresques, Ernest Zacharevic aime ajouter des objets ordinaires ou étonnants qui deviennent partie intégrante de l’œuvre transformée en trois dimensions. C’est ainsi qu’il utilise une vieille bicyclette à Georgetown (Malaisie), un chariot de supermarché à Singapour ou une brouette de jardinier à Kuching (Malaisie).

« J’aime la spontanéité de l’image, comment elle interagit avec une communauté de gens dans un environnement abstrait », raconte l’artiste si jeune mais déjà prolifique.

Adolescent, il commence à peindre quelques graffitis dans sa ville natale mais c’est en Angleterre qu’il découvre le « street art » et depuis ces peintures murales n’ont cessé d’être de plus en plus grandes.

En Malaisie, ce jeune lituanien s’est fait un nom dès 2012 avec son projet intitulé « Mirrors George Town » pour lequel il peint de grandes oeuvres murales destinées à réhabiliter les rues du centre historique de la capitale de Penang.

 

Un artiste culotté

En 2013, sur les murs de Johor Bahru, à la frontière entre la Malaisie et Singapour, il peint une scène controversée représentant une femme en personnage de Lego avec un sac Chanel, menacée par une autre figurine portant un couteau, dénonçant ainsi le problème de l’insécurité auquel est confrontée la ville. Des photos de l’oeuvre ont été partagées sur les réseaux sociaux mais les autorités malaisiennes ont aussitôt fait effacer la peinture.

Même à Singapour, Ernest Zacharevic ose son art. En 2013, il peint de larges scènes sur les murs d’habitations privées –avec l’accord préalable des propriétaires- dans les rues de Victoria Street et de Joo Chiat Terrace par exemple. Les œuvres sont encore visibles aujourd’hui et donnent un certain cachet aux quartiers.

En octobre dernier, un livre intitulé « Street art, de Banksy à Zacharevic, découvrez les artistes et les œuvres les plus représentatives de l’art urbain du monde entier » est paru aux éditions Larousse, confirmant ainsi le talent et la notoriété de ce si jeune artiste.

 

Pour en savoir plus sur ses oeuvres, regardez Ernest Zacharevic et son « street-art ».

 

Christophe Megel, président du Bocuse d'Or à Singapour.

Christophe Megel, un homme d’affaires en chef

Christophe Megel, président du Bocuse d'Or à Singapour.

Christophe Megel, président du Bocuse d’Or à Singapour. ©Christophe Megel

A deux mois de la prestigieuse compétition culinaire du Bocuse d’Or qui se déroule à Lyon les 27 et 28 janvier prochains, Christophe Megel conseille et encourage le candidat singapourien, Yew Eng Tong, actuellement chef du restaurant du Resorts World Sentosa, Ocean.

Car depuis 2002, le Français est en effet le président du comité local du Bocuse d’Or et prend son rôle très à cœur. « En dix ans et cinq participations, Singapour a remporté une médaille d’or, une d’argent et deux de bronze lors des finales régionales Asie-Pacifique », précise le chef Christophe Megel.

 

Des défis…

Le Français, originaire du pays de Bitche (Moselle) aime relever les défis. C’est ainsi qu’il devient à 28 ans chef exécutif du Ritz-Carlton Millenia à Singapour en 1999. « A l’époque, l’hôtel comptait plus de 600 chambres, 7 restaurants et était déjà le plus grand Ritz du monde », explique-t-il avant d’ajouter que les mauvaises langues du pays se demandaient combien de temps ce jeune Français allait tenir. Mais ses proches disent de lui qu’il est « invincible », « triomphant » et « visionnaire ». Christophe Megel est l’un des premiers chefs à avoir introduit le concept du brunch luxueux « avec homards, huîtres et champagne » à Singapour. Au Ritz, le succès est immédiat. « On a du organiser deux services afin de servir près de 500 couverts », se souvient-il.

 

…à Singapour comme ailleurs…

Avant de s’installer à Singapour, Christophe Megel cuisine dans les plus grands restaurants du monde. C’est d’abord au Louis XV de Monte-Carlo qu’il apprend le métier, formé pendant cinq ans par Alain Ducasse, chef aux multiples étoiles et devenu aujourd’hui un ami. Puis il s’envole pour New-York rejoindre l’équipe du Cirque, «  un des meilleurs restaurants d’Amérique du Nord », précise le Français. Là, il rencontre le patron de Samsung qui lui propose de le suivre à Séoul. Christophe Megel collabore alors avec le chef étoilé Alain Senderens qu’il représente en Corée du Sud. Le Mosellan ne quittera plus l’Asie. Issu d’une famille de restaurateurs à Reyersviller, il reçoit en 1996 le prix du meilleur jeune chef d’Asie à 26 ans. Il devient ensuite sous-chef exécutif du Ritz-Carlton d’Osaka au Japon avant de s’établir dans la Cité-Etat qu’il considère désormais comme « chez lui ». Sa femme est d’ailleurs d’origine peranakan (descendants des premiers immigrés chinois installés dans la région).

 

Et toujours plus de défis…

Toujours à la recherche de nouveaux challenges, Christophe Megel se lance dans l’édition et publie en 2004 des recettes  de cuisine « Asian Tapas : small bytes big flavors ». Dix ans après, « le livre en est à sa 6ème réédition, a été traduit en sept langues et vendu à environ 150.000 exemplaires », précise le chef.

En 2005, il s’essaie à l’enseignement et développe l’école de cuisine « At-sunrice » basée sur un système d’apprentissage à la française qui forme plus de 2.000 élèves aux diplômes d’état singapouriens. L’année dernière, Christophe Megel quitte cette « académie de chefs » pour « se réinventer dans le mécénat », dit-il. Il veut aider de jeunes entrepreneurs à se développer dans les métiers de la bouche. C’est ainsi par exemple qu’il conseille l’équipe du Bar-Roque Grill à l’hôtel Amara.

Dans son portefeuille, les cartes de visite sont aussi nombreuses que ses idées de projets. Le Français ouvre le 11 décembre une boulangerie » Do-main Bakery » au 226 Tanjong Katong road et envisage également de monter  une charcuterie. « Je ne m’arrête jamais », précise-t-il même s’il aime à dire qu’« il ne travaille plus ». Sans doute parce que aujourd’hui, le chef Megel ne cuisine plus que pour se faire plaisir.

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Stéphanie Lemaire, une créatrice à vive allure

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Stéphanie Lemaire, styliste et fondatrice de la marque Château de sable. ©CDS

Avec son mètre enfilé autour du cou, Stéphanie Lemaire est en plein travail, cachée derrière quelques portants de vêtements. Sans doute, choisit-elle ses tissus, ajuste-t-elle ses prototypes ou dessine-t-elle de nouveaux croquis ? Dans ses bureaux d’Arab Street situés en plein cœur du quartier textile de la Cité-Etat, la styliste crée avec son équipe en moyenne deux à trois modèles chaque jour pour sa marque qu’elle a lancée il y a près de 14 ans.

Après avoir travaillé à Paris pendant plusieurs années pour de grandes enseignes de prêt-à-porter telles que Cyrillus, La City puis Camaïeu, elle décide, en arrivant à Singapour, de fonder sa propre ligne de vêtements pour enfants, « Château de sable ». Avec comme mot d’ordre : qualité et soin des détails qui apportent une touche de modernité à des modèles plutôt classiques. « On crée même nos tissus sur ordinateur », explique la styliste, exigeante et soucieuse d’innover.

« Je me suis très vite lancée dans mon business plan, j’ai trouvé des fabricants en Malaisie pour limiter les frais et j’ai commencé mes premières ventes à la maison », se souvient la directrice âgée d’une trentaine d’années à l’époque. « Les modèles ont tout de suite plu et j’ai ouvert la première boutique un an après, en 2002, au troisième étage du centre commercial de Tanglin Mall », poursuit-elle.

Aujourd’hui, Château de sable compte 25 boutiques réparties dans 12 pays dont la France, le Canada, le Royaume-Uni, le Cambodge, les Philippines et la Thaïlande. Seuls, le magasin historique de Tanglin Mall à Singapour et les trois autres points de vente en France sont détenus en propre, le reste étant en franchise.

 

« Une passionnée de la fringue »

Stéphanie Lemaire a baigné toute son enfance dans le monde du textile. « Mes deux grands-pères avaient une usine de filature dans le Nord et mes parents ont toujours pris soin de bien nous habiller », précise-t-elle. A dix ans, la Lilloise prend déjà des cours de couture. A 20 ans, elle étudie le métier dans une école de stylisme. « Je suis une vraie passionnée de la fringue », lance la créatrice en précisant « dès que j’avais un peu d’argent d’avance j’allais le dépenser dans les vêtements, c’est mon pêché-mignon ».

Mère à son tour, elle souhaite aussi transmettre à ses trois enfants l’éducation vestimentaire qu’elle a reçue et qui fait, selon elle, partie du bagage à donner à ses bambins. Ses deux filles et son fils ont d’ailleurs toujours été associés à son activité. « Depuis qu’ils sont tout petits, j’essaie mes échantillons sur mes enfants, explique la directrice de Château de sable, maintenant, à 14, 13 et 10 ans, ils me disent ce qu’ils en pensent et sont contents de m’aider. »

 

« Une vie intense »

Malgré une vie familiale et professionnelle bien remplie, Stéphanie Lemaire, à 42 ans, trouve encore le temps de faire du sport : footing, tennis et yoga rythment ses longues journées qui commencent à six heures du matin. Et pour s’évader de son quotidien, elle choisit la lecture et les romans qui l’emmènent loin de son atelier.

« J’aime les vies intenses », précise-t-elle. L’expatriation pimente certainement la sienne. Stéphanie Lemaire a d’abord suivi son mari au Maroc avant d’arriver en 2000 à Singapour. En 2011, c’est à nouveau à Casablanca que la famille Lemaire s’installe avant de revenir vivre dans la Cité-Etat il y a tout juste quelques mois. Des allers retours qui ne l’ont pas empêchée de poursuivre son activité à distance. Au contraire, c’est à ce moment-là que Stéphanie Lemaire en profite pour s’implanter et se faire connaître en France. Et lorsque la jeune femme passe aujourd’hui devant l’une de ses boutiques, tout ressemble pour elle à « un joli rêve ».