La primatologue britannique, Jane Goodall connue pour ses travaux sur les chimpanzés, est de passage cette semaine dans la Cité-État, dans le cadre de la « ConservAction Week » lancée par l’Institut Jane Goodall de Singapour pour qui « ensemble, nous pouvons agir pour la préservation. »

« Nous avons la chance d’avoir Dr. Jane Goodall parmi nous alors que nous lançons nos deux programmes de conservation et d’éducation à un moment où Singapour accorde à juste titre davantage d’attention au changement climatique et à l’importance de la protection de notre environnement naturel », explique Dr. Andie Ang, présidente de l’Institut Jane Goodall de Singapour.

Jane Goodall participe donc dès aujourd’hui au lancement de ces deux programmes clés en matière de préservation de l’environnement et d’éducation. Le premier, « No Feeding Campaign », vise à aider les personnes à coexister avec les macaques gris à longue queue. Le second, « Plant for Hope » s’attèle à préserver la nature et restaurer l’habitat naturel des animaux. Demain soir, Jane Goodall animera également une conférence ouverte au public sur le thème « Vivre en harmonie avec la nature et la faune » au NUS University Cultural Centre.

Jane Goodall, l’activiste

La Messagère de la Paix pour l’ONU depuis 2012 se consacre depuis des décennies à la protection de l’environnement et de la biodiversité. Âgée de 85 ans, Jane Goodall qui se définit elle-même comme activiste, voyage 300 jours par an à travers le monde afin d’encourager les jeunes à œuvrer pour un changement positif pour la planète. 

« Seulement si nous comprenons, nous pouvons nous inquiéter. Seulement si nous nous soucions, nous aiderons. Seulement si nous aidons, nous serons sauvés », a-t-elle rappelé hier soir lors d’une conférence de presse.

Alors, Jane Goodall raconte ses histoires au milieu des « chimp » de Gombe en Tanzanie où elle a vécu pendant 40 ans et partage ses découvertes scientifiques. C’est elle, la première à affirmer que les chimpanzés qu’elle a tant observés au point de leur donner des noms, utilisent et fabriquent des outils pour se nourrir.  

Dès 1977, l’environnementaliste décide de fonder le 1erInstitut qui porte son nom pour promouvoir l’étude et la préservation des chimpanzés dans la nature. Depuis, plus d’une trentaine d’Instituts ont été créés à travers le monde. Celui de Singapour a ouvert ses portes en 2007 et s’efforce d’agir pour que l’Homme et la Nature cohabitent durablement sur l’île.

« Il est important de transmettre le message de la vie en harmonie avec la nature et la faune à Singapour, où nous vivons à proximité des forêts et des animaux. Nous devons apprendre à coexister harmonieusement avec nos voisins sauvages », précise la primatologue singapourienne Dr. Andie Ang.

L’importance de la préservation à Singapour

A Singapour, il existe d’ailleurs deux espèces de singes : les macaques à longue queue et les Langurs -plus exactement Raffles’ Banded Langurs. Ces derniers, une espèce endémique de Singapour et Johor, sont en danger critique d’extinction. Il n’en resterait plus qu’une soixantaine dans la jungle de Singapour.

« Nous devons travailler en étroite collaboration avec les agences gouvernementales pour faire en sorte que nos forêts restantes puissent être préservées autant que possible et que les fragments de forêt puissent être reconnectés », explique Dr. Andie Ang.

Pour cette jeune femme de 34 ans qui a rencontré Jane Goodall en 2011, juste avant de commencer son doctorat au Colorado, « le domaine de la primatologie pour les femmes scientifiques n’est pas facile et le courage (de Jane Goodall, ndlr), sa patience et sa persévérance m’ont inspirée dans la poursuite de mes rêves. »