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"The Long Ride from Singapore", Philip Iau. Ed.Marshall Cavendish

A Singapour comme dans le reste de l’Asie, le cancer du sein est « tabou »

"The Long Ride from Singapore", Philip Iau. Ed.Marshall Cavendish

« The Long Ride from Singapore », Philip Iau. Ed.Marshall Cavendish.

A l’occasion d’Octobre rose, mois de sensibilisation au dépistage du cancer du sein, le livre « The long ride from Singapore », raconte le voyage de deux chirurgiens partis à moto à travers l’Asie afin notamment de sensibiliser le public au cancer du sein des femmes asiatiques.

 

C’est le récit d’un long voyage de Singapour à Stockholm réalisé à moto par deux chirurgiens spécialistes du cancer du sein. L’un est singapourien, Philip Iau, également l’auteur de ce livre, « The long ride from Singapore », tout juste publié aux éditions Marshall Cavendish, l’autre est suédois, Mickael Hartman. Tout deux travaillent au National University Hospital de Singapour.

L’idée de ce voyage est partie d’un constat fait par le Suédois qui « a vu en un an plus de cancers du sein à un stade avancé à Singapour qu’il n’en a vus en dix ans à Stockholm », explique le Professeur Iau.

Et même si les hôpitaux sont d’excellente qualité, les équipements très bons et qu’il existe un programme de dépistage, les femmes viennent tardivement consulter. « Elles viennent avec un cancer déjà avancé », ajoute le spécialiste singapourien.

C’est « culturel » et « très asiatique » conclut-il.

Un long périple réalisé en 2014

Les deux chirurgiens décident alors de sillonner l’Asie à moto en 2014 afin de mieux comprendre ce que cela veut dire que « d’être une femme asiatique en Asie avec un cancer du sein ».

Le Suédois Mickael Hartman.

Le Suédois Mickael Hartman.

Ils parcourent donc pendant 100 jours, environ 23.000km en passant par 17 pays et en s’arrêtant notamment en Malaisie, en Thaïlande, en Chine, au Kazakhstan et en Ouzbékistan.

Au cours de ce périple, ils rencontrent des médecins mais aussi des patientes souffrant ou ayant souffert d’un cancer du sein et leurs proches. Ils recueillent des témoignages poignants comme celui de cette femme à Penang qui a mis deux ans avant de se faire soigner de peur que son mari la quitte. Elle ne lui en a d’ailleurs jamais parlé.

 

Philip Iau et Mickael Hartman à Samarcande, en Ouzbékistan.

Philip Iau et Mickael Hartman à Samarcande, en Ouzbékistan.

Le cancer, une fatalité

Le cancer serait vu comme une fatalité en Asie. « La croyance veut que si vous avez un cancer, vous êtes impuissant face à Dieu qui l’a décidé parce que vous ou votre famille avez fait quelque chose de mal », raconte Philip Iau précisant que « c’est vu comme une punition donc c’est tabou, alors vous ne parlez pas de votre cancer ou vous n’allez pas chercher à savoir si vous en avez un. »

Alors les femmes se font peu dépister. « A Singapour, elles doivent faire une mammographie une fois tous les deux ans, donc en dix ans, elles devraient en faire 5. Or le pourcentage de femmes ayant fait une mammographie en dix ans est de 40% et de 12% pour celles qui en ont fait plus d’une », souligne le Professeur Iau avant de conclure « la majorité des femmes ne vient pas même si elles sont invitées à venir. »

 

« The long Ride from Singapore »

Two surgeons on a Motorcycle Journey Across Asia for Cancer,

Philip Iau, Ed.Marshall Cavendish.