Les Palmes de Monsieur Schutz, une pièce qui mêle humour et histoire, sur scène à Singapour

Les Palmes de Monsieur Schutz. ©The Theatre Factory

Les Palmes de Monsieur Schutz. ©The Theatre Factory

 

Du 14 au 17 avril, la troupe de Theatre Factory joue Les Palmes de Monsieur Schutz à l’Alliance française. La pièce aux 4 Molières est l’œuvre de Jean-Noël Fenwick. Présentée pour la première fois en 1989 sur la scène du théâtre des Mathurins à Paris, cette comédie s’inspire des découvertes scientifiques de Pierre et Marie Curie. Géraldine Gitel qui s’est occupée de la mise en scène de la pièce à Singapour, répond aux questions de Singapour Le Mag.

 

Pourquoi avez-vous choisi de faire venir cette pièce à Singapour ?

Après le succès du Carton en 2014, je souhaitais mettre en scène pour Theatre Factory une autre comédie. N’oublions pas que la communauté francophone à Singapour travaille beaucoup et les sorties théâtrales doivent aussi rester des sorties divertissantes entre amis ou en famille.

J’ai été immédiatement séduite par l’humour de cette pièce, un humour tendre, joyeux, un brin caustique mais toujours bon enfant. Les répliques fusent avec esprit tout en se mêlant à des situations complètement cocasses. Et le public rit de bon cœur mais s’instruit aussi en découvrant l’apport d’un couple emblématique, Pierre et Marie Curie.

 

Quelle est la particularité de cette pièce ?

C’est une pièce dynamique, légère et joyeuse mais avec de la substance, avec un vrai fond historique ce qui est tout à fait unique pour un vaudeville.

La pièce met ainsi en scène des personnages historiques, Pierre et Marie Curie bien sûr mais aussi le fameux Monsieur Schutz, inspiré par Paul Schützenberger, le premier Directeur de l’Ecole Supérieure de Physique et de Chimie industrielles de la Ville de Paris. On retrouve aussi Gustave Bémont, un collègue chimiste qui a réellement travaillé avec les Curie. Mais loin d’en faire des personnages de laboratoire austères, l’auteur crée des êtres colorés, savoureux et farfelus. Pierre devient un « geek » maladroit et idéaliste très loin de son image de physicien rigide. Marie, avec son énergie débordante, balaie tout sur son passage, notamment ses supérieurs hiérarchiques Schutz et le Recteur de Clausat. Bémont, qui ne fait qu’enchaîner les gaffes, et Georgette, la gentille fille un peu simplette, complètent ce détonnant laboratoire.

L’auteur, Jean-Noël Fenwick, a aussi construit l’intrigue dans un souci de vulgarisation scientifique tout en s’autorisant évidement de nombreuses libertés. Par exemple il attribue aux Curie le mérite d’une découverte décisive. Marie, qui après avoir caché précipitamment des photos sous une boîte d’uranium, observe que ces plaques photographiques ont été tâchées et portent la trace d’un rayonnement. Cette découverte s’est effectivement produite ainsi mais c’est le physicien Henri Becquerel qui en a fait l’observation. Et je laisse aux spectateurs le soin de découvrir le contenu de ces photos. Je peux juste promettre qu’ils ne seront pas déçus !

 

Quelles difficultés avez-vous rencontré dans la mise en scène de cette production ?

De toute évidence la réalisation du décor ! Sophie Bendel qui s’occupe du décor de cette production a dû reconstituer un laboratoire de la fin du 19ème siècle, début 20ème siècle avec tous les instruments de mesure de l’époque : l’électromètre Curie, le potentiomètre, le spectroscope Bémont et j’en passe. Une tâche particulièrement difficile à Singapour où il est impossible de chiner des objets d’époque dans les brocantes.

Les comédiens ont aussi dû se familiariser avec ce décor et s’approprier tous ces instruments de mesure qui font partie intégrante de la pièce. Un travail de mémorisation difficile mais essentiel pour rendre crédible la vie de ce laboratoire et rendre hommage à l’apport des Curie.

 

Pour en savoir plus et prendre vos billets en ligne:

http://ttf.sg